‹ Clement 13. et Clement 14Chapitre 74 sur 89 · GU · texte numérisé non relu

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point de vue qu’elle a toiÿoure considéré cet arrangement , tant dans son principe que dans ses suites, qui tendent à l’avantage évident et exclusif de ses sujets catholiques romains; indépendamment des maximes et des principes qui peuvent convenir ailleurs , mais qui ne doivent point influer sur ces devoirs qu’il importe au prélat de la Russie Blanche de remplir avant toute autre chose. 11 n’en eSt cependant pas moins zélé pour ce qui a rapport aux égards dus à la cour de Rome , à la protection éclatante de laquelle il aspire particulièi-ement, par l’exercice de toutes les vertus qui distingueut un bon pasteur de l’Église au milieu de son troupeau , par sa probité et piété , pai' son éloignement des dissensions et des querelles, qui lui sont étrangères, et pai‘ son attachement aux vrais intérêts de l’Église. Ce sont là des titres qui lui ont valu la haute bienveillance de sa souveraine , et qui le rendent vraiment recommandable aux boutés du saint-père.

Lettre du C*‘ de Stackelberg, ministre de Russie, à M»' Archetti, lumceà Varsovie,

Je ne doute nullement que Votre Excellence ne trouve, dans la réponse ci-jointe de ma cour à son exposé , de quoi calmer les imiuiétudes de la sienne sur le mandement de l’évéque de la Russie Blanche. Je dois ajouter que le ministre de l’impératrice, instruit par moi <le la manière de penser de Votre Excellence, compte infiniment sur le caractère pacitùjue et conciliant qu’il vous connaît, Monseigneur, pour arranger cette affaire à la satisfaction mutuelle des deux puissances, qui, n’ayant l’une et l’autre que le bien de l’humanité en vue, ne peuvent se rxintrarier dans les moyens de le procruer. Pour moi, il m’est bien agréable de trouver dans mon cœur tous les sentiments dont je suis chargé d’être l’interprète dons cette occasion, et iiar la confiance avec laquelle je vois m’ouvrir sur cette affaire à Votre Excellence, lui faire entendre combien je suis pénétré de la justice ipie je lui rends. Je

JKSl’ITES UE RL'S-SIE.

doiâ obsei’ver égalemeat que tout ce qui va suivre n’est que te ivsultat de mes idées particulières , et qui ne doivent absolument ètie que d’elle à moi.

Je suis bien si^, Monseigneur, que vous conviendreï que dans une affame de la nature de celle que nous traitons, où il s’agit du bonlteur et de la religion d’un peuple , la politique et la vérité doivent parler le même langage , et par consé(iuent établir entre nous une confiance absolue. D’après ce priucipe, j’avouerai à Votre Excellence tonte la satisfaction que j’ai de voir ipie ma cour n’envisage ceci tpie comme un arrangement dans ses États, et, comme elle dit, purement domestique; ce qui parait exclure, d’une part, toute idée de pinirogativc blessée, et, de l’autre, celle d’une extension d’autorité sni’ les droits si délicats do la souveraineté , sm'tout de la part d’un pnu'e étranger, et au préjudice d’une puissance peu familiarisée avec tout ce qui aurait l’air d’un partage sur cet article dans ses États. Nous n’avons donc que le bien de la chose en elle-même à discuter : or, en la considéiunt sans aucune prévention. Votre Excellence sentira aussi bien que moi ({uels avantages les catholiques de la Russie Blanche peuvent retirer d’un établissement (jui seul peut procurer une éducation raisonnable, et dissiper les ténèbt es que la superstition a répandus sur le culte du peuple et d’une partie du clergé.

Par sa place ici, sa dignité dans l’Église et ses lumières. Votre Excellence appréciera bien mieux que moi l’étendue du mal qui en résulte pour la religion. Le seul moyen d’y remédier efficacement et constamment, était de confier l’éducation lie la jeunesse à im corps pieux , éclairé et permanenti Par quels encour agements et quelles récompenses pourrion»- Dous espérer d’attirer dans la Russie Blanche un nombre suffisant d’hommes instruits pour remplir des vues aussi sages! Il n’y avait qu’une résolution comme celle de l’expulsion des jésuites du midi de la Chrétienté pour opérer dans le nord le reflux de ces hommes voués par état à la culture des sciences et des lettres. Ainsi, les recueillir et leur offrir une

CHAf. X.

patrie en dédommagement de celle qui les rejette, rassembler en même temps les membres épars de la société qui s’est trouvée chez nous, et ne perpétuer leur association qne dans la V ue de l'instruction publique, conune le déclare expressément ma cour, me parait im acte de sagesse autant que d’humanité, et point du tout une infraction dans le système hiérarchique et spirituel de la cour de Rome.

Plus la religion est éclairée, plus les fondements en sont solides; c’est un principe qui n’a pas besoin de preuves. Quel intérêt n’a donc pas le saint-siège de voir l’impératrice s’occuper sérieusement du soin de répandre l’instruction parmi des peuples éloignés de Rome , et qui, sous un gouvernement moins tolérant et plus jaloux de l’imité du culte dans ses États, aurait pu céder à des impressions bélénxloxesl Je sais mieux que personne combien l’impératrice est éloignée d’un pareil système; et les nouvelles protestations qu’elle donne au eaint-siége de sa déférence pour ses intérêts , soutenues de sa conduite pleine de bienfaisance pour les catholiques, forment ime preuve trop iiTéfragable de ses intentitms , pour que Sa Majesté Impériale ne dût s’étonner infiniment, si non-seulement on voulait trouver mauvais un arrangement purement civil et temporel dans ses États , mais encore si l’on trouvait coupable l’év f (jue de la Russie Ulanthe , pour avoLr rempli mi devoir sacré, en suivant les ordres de sa souveraine dans une opération qui , de sa nature, ne lui laissait aucun milieu entre la soumission la plus exacte et la désobéissance la plus ciiminelle.

J’ai ouvert mon cueur à Votre Excellence, et je me suis fait un plaisir de penser tout haut avec elle , dans la certitude d’éprouver de sa part un juste retour de confiance et de franchise, que je sais être dans son cai’actère comme dans ses principes.

En vous établissant. Monseigneur, l'interprète de ma com viction à l’égard des sentiments et des droits de mon auguste souveraine , c’est ajouter de nouveaux titres à ceux que l’im»

JÉSl’JTE» DE RUSSIE.

pératricc a déjà de la <léférencc de Sa Sainteté , dont Sa Majesté Impériale sera bien aise de seconder les sollicitations paternelles pour l’avantage de l'Église catholique dans l’empire de Russie , et d’établir de plus en plus la réciprocité dans les égards, et l’harmonie dans les vues utiles au bien de la religion et au bonheur de ses peuples.

ti" Lettre du marquis Antici, ministre du roi de Pologne, à .V»*" Luca de Medici, à Florence.

Mon cher ami,

Rome, 9 mai.

Voici la relation que vous désirez. A la lettre écrite le 4 novembre dernier , styli veteris , par l’impératrice des Russies, Sa Sainteté répondit avec cette grâce que mérite si bien une souveraine qui a tant de zèle pour l’extension de la communion romaine dans son vaste empire. Il proposa donc d’envoyer à Pétersbourg un nonce qui sacrerait évêque Bénislawski, chanoine primicier, et porterait le pallium à Mp l’évé<]ue de Mallo, archevêque nommé de MohHovv. Cette réponse fut faite le 1 1 janvier de cette année.

Pendant que la lettre pontificale s’acheminait vers Pétei'sbourg , ce cabinet voulut accélérer les choses , et sans atten-’ dre de réponse , vers la fin de novembre , députa à Rome le chanoine susnommé, comme envoyé pour traiter de ces affaires et d’autres encore du plus grand secret , immédiafement avec le saint-père , en qui seul la souveraine des Russies avait toute confiance.

Le noble envoyé arriva lo !•' mai'S.

Le lendemain, Santini, qui est l’agent delà cour impériale, se rendit au Vatican pour donner avis de l’arrivée de l’envoyé moscovite près le saint-père; l’audience fut fixée au jour suivant, 3 mars; Santini y vint avec l’envoyé pour l’accré-

iKIClUESTil. CHAP. X.

(litcr, et celni-ri justifia de sa mission j«r des lettres signées de l’auguste impératrice Catherine II.

L’audience fut longue ; il y n'-gna une grande affabilité. On éclaircit les nombreuses équivoques qui se trouvaient dans la lettre papale du 1 1 Janvier, équivoques dont la source était daas les informations inexactes venues de Vai-sovie, qui avaient fait naître des doutes, mal fondés cependant contre ta personne de Mp Stanislas Siestrzencewicz , é\é<jue de Mallo irt pnrfibus , et vicaire apostoliipic do la Hussie Blanche pour les catholicpies du rite latin. Ct‘S doutes portaient spi'-cialeinent sur la lettre pastorale qu’il avait publiée, après avoir été nommé légat apostolique , pour l’ouverture du noviciat acconlé aux pères de la comjiagnie. Il avait interprété en ce sens les paroles claires et qui n’ont besoin d’aucun commentaire, telles qu’on les lit dans le rescrit pontifical qui fut envoyé en Russie , par le moyen de la congrégation de la Propagande. On voulait aussi des explications au sujet de l’existence canonivpie et légale de cet ordre religieux , Jqui s’y était conservé parce que jamais la peine de la sécularisation n’y a été signifiée pei'sonnellement à ceux qui en faisaient }>artie , comme cela a été fait à Rome, dans tout l'État pontifical et tous les autres einpi l'es; car cette intimation personnelle était aliBolument et substantiellement voulue et commandée par ce même bref de dissolution , qui ne forçait pas, mais exhortait les princes à faire usage de leur autorité et à permeUre aux évêques d’intimer aux jésuites la peine de leur' sécularisation.

Ensuite on passa aux affaires qui faisaient partie de la mission de l'envoyé impérial.

Sa Sainteté assura l’envoyé que l’impératrice obtiendrait ce qu’elle désirait, mais qu’il était convenable que, de son ci’ité, elle donnât à l’Église archiépiscopale de Polosk un archevêque du rite grec uni. Cette Église était restée vacante par la translation de Ms' Jason Smogorzewski au siège métiw politain de Pologne pour les Grecs unis, lequel avait été banni

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