‹ Clément d'AlexandrieChapitre 3 sur 44 · SUR L ECOLE D ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

SUR L ECOLE D ALEXANDRIE

ibre des forces humaines dirigées par une main invisible vers une fin générale. 11 en est des races comme des individus: Dieu proportionne leurs aptitudes à la mission qu'il leur confie. L'une reçoit dans une plus grande mesure le sens pratique, l'esprit d'ordre et de discipline; Tautre, le génie de la spéculation, le goût des recherches et le don de l'initiative. Celle-ci est plus propre aux travaux qui exigent une application opiniâtre, une grande patience d'analyse ou d'érudition ; celle-là réussit mieux à prêter aux doctrines l'éclat de la forme, le charme du langage. Ici, l'activité extérieure absorbe davantage l'énergie des âmes ; là, une vie plus concentrée appelle de préférence les méditations de l'esprit. Admirable économie de la Providence qui, maintenant l'équilibre entre des forces si opposées, les distribue ou les rallie, les groupe ou les disperse sur le vaste échiquier de l'histoire! Et ne croyez pas. Messieurs, que cette loi ne s'applique qu'à Tordre naturel. Non, saint Paul radit:Dansla société chrétienne, où les individus et les peuples viennent se réunir sans se confondre, l'Esprit de Dieu se manifeste également par la variété de ses dons (1). En recevant de l'Église le principe de vie qui la transforme, chaque race y porte à son tour ses qualités natives, qu'elle met au service de la foi. Elle a sa part d'action dans le travail général de l'esprit chrétien, dans les progrès de la science et de la vie religieuses, et cette part répond à ses aptitudes spéciales, suivant cette loi qui veut que la grâce s'adapte à la nature, et que l'ordre divin vienne se greffer sur l'ordre humain. Si donc nos adversaires croient nous embarrasser en répétant que le sens pratique de la race latine, le génie organisateur de Rome, les habitudes mystiques de l'Orient et l'esprit philosophique de la Grèce se sont rencontrés dans TÉglise primitive, pour y exercer une action puissante, ils se trompent beaucoup. Qui a jamais nié que Dieu fasse entrer dans le mouvement de l'histoire,

(l)I'*a»x Cornilhiens, xn.

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