‹ Clément d'AlexandrieChapitre 100 sur 149 · II, Strom · texte numérisé non relu

II, Strom

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214 CLÉMENT d'aLEXAKDRIE

Clément est allé encore plus loin. 11 va jiis(|irà affirmer que la foi est le fondement de la connaissance en général^ Nous trouvons cette affirmation dans un passage cpii mérite d'être cité en entier *.

« Il y a quatre voies par lesquelles la vérité nous arrive, « les sens (al'o-Qïio-iç), rintelligence (vojç), la science {Itj.- * 3-Tr|tj.Yi) et Topinion (utô),/, •];'.-;). Dans l'ordre naturel, Tin- « telligence a le premier rang; pour nous et par rapport à « nous, c'est la sensation. Du concours de la sensation et (' de l'intelligence naît la science ou la connaissance « véritable. Le trait commun à Tintelligence et à la sen- « sation, c'est l'évidence. Mais la sensation est un degré « pour arriver à la science. La foi, pénétrantpar les sens, « dépasse l'opinion pour arriver aux choses non fictives « et ne s'arrête que dans le sein de la vérité. » Puis il montre que le raisonnement ne peut atteindre le principe des choses ; en dépit de leur dialectique, les Grecs n'ont pas connu Dieu. « C'est donc par la foi seule que l'on parvient au principe même de l'Univers. »

C'est une véritable théorie de la connaissance que Clément expose dans ce passage. Passablement informe et incohérente du reste. Comme toutes les conceptions philosophiques de notre auteur, elle est composée de pièces de rapport fournies par toutes les écoles. Elle doit ses principaux éléments notamment au platonisme et au stoïcisme. Ce qui paraît tout à fait particulier à Clément, c'est l'idée de mettre la --It-:'.^ à l'origine de la connaissance. 'Les stoïciens avaient bien dit quelque chose d'analogue. Clément lui-même en fait la remarque. Ils parlaient d'une T:pô)>Ti '}(,;, c'est-à-dire d'une sorte d'intuition qui précède toute opération de l'esprit, du moins tout raisonnement.

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