‹ Clément d'AlexandrieChapitre 101 sur 149 · II, Stroin · texte numérisé non relu

II, Stroin

1,\ lOI LT L\ GNOSE 2J5

Celle inluition, confirmée ensuite par le raisonnenienl, devient une xaTaXr, •];•.;. Notre auteur a vu une analogie très elaire entre son idée de la loi et de la gnose et cette notion des stoïciens. La foi, en elfet, grâce à la démonstration que Ton fait de son objet, devient de la science ou de la gnose '. Donc, en dernière analyse, elle est une -o6\r/^'.ç. Il le dit en propres termes ^ Elle est donc non seulement à la hase de toute connaissance de Dieu, mais de la connaissance en général, ^'oilà comment Clément est arrivé à formuler une idée fort curieuse et qui était plus profonde et plus vraie qu'il ne le croyait. Il ignorait qu'il entrevoyait qu'à l'origine de la pensée elle-même, comme de la volonté, il y a un acte de foi inconscient !

L'analogie que notre auteur croyait apercevoir entre l'intuition des stoïciens et la foi n'était qu'apparente. Qu'importe ! ce qui est clair, c'est qu'il a voulu montrer qu'on ne saurait se passer de la foi, et qu'elle est à l'origine de la gnose la plus ambitieuse. Aussi, s'écrie-t-il, « la foi est plus importante que la connaissance ; elle en est le critère^ ». La foi et la gnose se conditionnent réciproquement : TCf.TTTi TO^vjv Y, yvcÔT!..;, yvwTTr, ùï Y, TT'ItT'.s !

On le voit, dans tout ce que Clément dit de la foi, ce qu'il y a de moins clair, c'est ce qu'il entend au juste par la foi. L'idée qu'il s'en fait ne supporterait pas l'examen. Elle se révélerait comme contradictoire. C'est une notion essentiellement complexe, se composant d'éléments ou d'idées qui ont une vague ressemblance. N'oublions pas

1. II, Slrom., 'i8 : TTiatr, 6È t) yv^ii; r,T'.; àiv i^r^ è-cjTrijjLOvtxf, ànooEiÇt; xwv xaià àXrjÔ^ çiXoaoç'.av 7:apa8t5oij.év»ov.

2. II, Strom., 8 : r.ics-ii 5è t,v 8ia6âXXoj(Ji x£vr|v xat pâpÇapov voa(rovTe; "l'^XXrjve; 7:pdXr,<j/iç âxoûaio'ç èiTt.

3. II, Slroiu., 15 ; x'jp'.onspov o'Jv if)? èjiiaTrJjj.r); f) ttiiti? xaî ëaiiv ajifj;

XpiT/jplOV.

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que Clément voit les choses dans leur totalité; il en aperçoit toutes les faces à la fois. Il en résulte des conceptions très fécondes mais peu précises. Elles sont comme le chaos, riches de virtualités, mais enveloppées d'obscurité.

Retenons de l'exposé que l'on vient de lire, ce fait capital, c'est que Clément donne à la simple foi la place d'honneur. L'eflort même qu'il fait pour montrer qu'elle est la base de toute gnose prouve à quel point il tenait à faire reposer sur elle tout son christianisme. A aucun prix il ne veut se séparer de ses frères.

L'idée que Clément se fait de la foi achève d'éclairer la solution qu'il proposait du problème capital des rapports du christianisme et de la philosophie. Il est clair qu'il voudrait, d'une part, conserver de la philosophie ce qui est essentiel et durable et que, d'autre part, il n'entend pas diminuer le christianisme. Telle est en théorie sa pensée. Nous allons voir maintenant si en fait et dans la pratique, il a maintenu l'équilibre qu'il établissait en principe entre le christianisme et la philosophie. Qui sait, si, à son insu, il n'a pas fait à celle-ci une place plus large qu'il ne lui accordait en théorie !

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