‹ Clément d'AlexandrieChapitre 99 sur 149 · V, S Ira III · texte numérisé non relu

V, S Ira III

siillil pas de montrer que les spéculations les plus hardies de son gnosticismc chrétien plongent leurs racines dans la foi (commune des fidèles, il faut qu'il prouve encore (|u'au point de vue moral, la sainteté que s'efforce de pratiquer son chrétien parfait dérive de la foi populaire et n'en est que la fleur.

C'est l'idée qui remplit une notable partie du IP Stromate. Innombrables sont les formes sous lesquelles notre auteur la présente. H y a une échelle des vertus chrétiennes. Au premier échelon se trouve la foi; vient ensuite la repentance qui suppose la foi ; à un degré supérieur brille l'espérance qui jaillit aussi de la foi '. D'elle, proviennent aussi la crainte salutaire, la tempérance, la patience, enfin l'amour et la gnose. « La foi apparaît « comme la première inclination qui nous porte au salut. « Après elle la crainte, l'espérance, la repentance qui, (( accompagnées de tempérance et de patience, en se déve- « loppant nous conduisent à l'amour et à la gnose ■ w. Ne demandons pas à Clément une absolue précision dans les idées ; il ne s'explique pas clairement sur les rapports des vertus chrétiennes les unes avec les autres ; il n'établit pas entre elles de progression vraiment organique, encore moins montre-t-il clairement le lien qui les unit à la foi; il serait facile de relever des contradictions dans ce qu'il en a dit. Il faut s'en tenir à l'ensemble de ses idées. Nous l'avons dit, il voit les choses en bloc et nul n'a jamais été moins capable d'analyser les notions qu'enfantait son fécond esprit. S'il n'est pas parvenu à exposer clairement

1. Voir notamment II, Sti-om., 27, 30, 31, 45, 48. Notez des phrases comme celles-ci': riaiew; oJv xat î) ^srâvoia zaTo'ûOwaa... f[Ô7) 8È îj èXf:!; è/. TTÎ'j-ew; auvédTrj/.îv... fj 8; ttîit'.ç éopaajJLa àycéTir);.

2. II, Strom., 31. Voir aussi II, Strom.,'^ : -(tti; îu&iax.îTai àp/r, -pâÇao;, ÔEjjLÉXio; £[j.çpovo? TicoaipÉicw;, texte corrigé.

lA FOI KT LA r.NOSK 213

sa façon de concevoir l'enclialnemenl des vertus cliréliennes, il est sur qu'il les enchaîne ', et il est non moins corlain qu'il les fait toutes dériver de la foi. « Toutes les vertus chrétiennes sont filles de la foi. La foi précède^ ». Ailleurs, il dit que les vertus sont comme les éléments, TTO'.yjIa, de la gnose ; la foi est encore plus élémentaire ((u'cUes; c'est l'élément par excellence; elle est aussi nécessaire au chrétien parfait que l'air rcspirable l'est aux habitants de la terre. 11 n'est pas plus possible qu'il y ait de vraie gnose sans foi, qu'il ne l'est (ju'il y ait de la vie sans les quatre éléments. La foi est donc le fondement de la vérité '. La foi est chose divine. « Elle est une sorte de puissance de Dieu ^ ». Clément semble la concevoir vaguement comme un germe divin d'où jaillit la forme supérieure de christianisme qu'il a conçue. Elle se déploie dans une double direction, aboutissant dans le domaine de la pensée aux clartés de la contemplation de Dieu et dans le domaine de l'action et du sentiment aux formes les plus hautes de la sainteté et de l'amour. Aussi s'écrie-t-il avec énergie : le gnostique chrétien est planté en la foi. Ailleurs, il résume sa pensée dans cette phrase significative : « la foi et la connaissance de la vérité (tïItt'.s etyvw- 0-',;) préparent l'àme qui se décide pour elles, à demeurer conséquente à elle-même et stable ». Ainsi la foi et la gnose concourent à produire le même effet sur l'àme.

1. II, Strom., 45 : wç [aÈv ouv àvTaxoXouÔoù'aiv àXXTÎXai; ai àpîTaî Tt y pi] Xéye'.v, I-iSeôeiyjji^vo'j r'fiy] w; TzicTi; ;iàv £-î asTavoix èX-i^e-at, ejXâCsia 6È irA T.i'^-ti xat f) èv TOÛTOtç l7it[iovTÎ -£ y.aî aaxT;ai? âua [t.7.0r,oi\. auijLnipaio'j-ai v.; àyoc- Trrjv, fj 8è Trj yvciSisi TeXsioD'Tat.

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