IV, Slrom
« rieur à l'Etre incréc. Il reste donc qu'on ne peut avoir « une idée de l'Inconnu que par l'effet d'une grâce divine « et par le seul Logos '. » Ailleurs, il s'écrie : « Autant (( l'homme est inférieur à Dieu par la puissance, autant « sa parole est incapable d'exprimer Dieu; elle ne peut « que discourir au sujet de Dieu ■ ». « Ce qu'est Dieu, « cela ne peut s'exprimer en paroles : les prophètes ne (( nous en ont dit que ce que des êtres embarrassés par « la chair peuvent en saisir ^ ».
En vrai platonicien, Clément est très occupé d'éliminer tout anthropomorphisme de sa conception de Dieu. Ojxojv àvOpwTzoswTj; 6 Bîo^ *. Dieu est ocvsvosrî;. Il est sans besoins aucuns. Il est kr.rfhr^q,. Il n'est sujet à aucune de nos passions, ni au désir, ni à la colère, ni à la crainte '" . Il n'a même pas besoin d'exercer sur lui-même une contrainte quelconque. Il n'est pas eyxpar/]?, puisqu'il n'a aucun mouvement passionnel à comprimer *. Clément écarte avec un soin jaloux tout ce qui ressemblerait à un contact entre Dieu et les hommes. De là d'éloquentes protestations, tantôt contre la religion populaire, tantôt contre le panthéisme stoïcien '. Dieu n'a pas besoin des sens. C'est par la pensée seule qu'il perçoit toutes choses. Il n'est pas nécessaire que la voix de l'homme parvienne jusqu'à lui. Les pensées des saints non seulement percent l'atmosphère qui nous enveloppe, mais traversent l'univers entier
1. V, Strom., 81, 82; U'aduclion en partie d'après M. J. Denis, oiivr. cité, p. 70.