I, Strom
d'autre but que le perfectionnement du croyant. Dieu se sert tour à tour du châtiment et de la grâce pour redresser Thomme et le sauvera Voilà le fond de son idée de la Providence ; comme il en avait lui-même conscience, elle absorbe tout ensemble et déborde la conception de Platon et de la philosophie grecque. Ici apparaît nettement l'influence du christianisme.
Ce que nous venons de dire nous amène à relever le trait le ])lus distinctement chrétien qui caractérise l'idée de Dieu de notre auteur. C'est raflirmalion que Dieu veut le salut des hommes. Toute la péroraison du Protrepiiciis en est dominée. « Notre Père, plein de tendresse, le Père véritable, ne cesse de nous exhorter, de nous avertir, de nous discipliner, car il ne cesse de nous sauver ». «L'eftort constant de Dieu est de sauver le troupeau humain ^ ». C'est tout le x' chapitre de ce traité qu'il faudrait citer. Jamais Clément n'est plus éloquent que lorsqu'il presse les païens de s'abandonner à la miséricorde de Dieu. Sans se lasser, il le leur dépeint comme un Père tout préoccupé de leur salut. Sauver l'humanité, c'est la suprême pensée de Dieu.
Ces exemples suffisent. Un Dieu qui est bon parce qu'il le veut, dont la sainteté est telle qu'il ne peut pas y avoir de parenté naturelle entre lui et les hommes pécheurs, un Dieu qui prend soin de chacun et se sert même du mal pour faire l'éducation morale de l'homme, dont enfin la suprême préoccupation est le salut de l'humanité, ce n'est plus le Dieu de Socrate, de Platon, d'Epictète, c'est le Dieu des chrétiens.
Ainsi l'analyse des textes montre qu'il y a comme deux