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facos dans la ooni'oplion de Dion de noire aiileiir. Elle est (Tun eôlé, marquée à l'efligie de Platon, de l'antre ell(^ est elirétiennc. Son originalité consiste à être tout ensemble métaphysique et religieuse. Désormais, le Dieu de la théologie chrelienne gardera ee double earaelère. D'une i)art, il semblera se perdre dans Tabstraetion impersonnelle ; d'autre part, il demeurera une personne vivante. A la notion froide et vide de la philosophie, le christianisme communi(|ue la vie intense qui débordait de sa conception du Père céleste; à celle-ci la philosophie donne une rigidité de formule qui lui était jusqu'alors étrangère.
Le reste de métaphysique grecque, qui demeure attaché à la notion traditionnelle du Dieu des chrétiens, peut paraître ejubarrassant. N'oublions pas que Clément n'aurait pu concevoir Dieu autrement. Pour se représenter la divinité à la façon des apôtres, il lui aurait fallu se défaire des catégories mentales qu'avait imprimées à son esprit une longue éducation. Concevoir Dieu en dehors de toute transcendance, le dépouiller de toute métaphysique platonicienne, ne voir en lui qu'une personne, un Père céleste, c'est ce que Clément ne pouvait faire. D'autre part, remarquons (ju'au point de vue de la propagation du christianisme parmi les esprits cultivés de ce temps, il était indispensable de présenter Dieu sous cet aspect. Des halu'ludes d'esprit invétérées exigeaient que le Dieu des chrétiens s'enveloppAt d'abstraction. Qu'on relise le début du Vil" Slroiuate, on verra à (juels besoins répondait la conception de Clément et combien impérieuse était la nécessité de prêcher au public des écoles un Dieu qui conciliât en quebjue sorte dans son sein à la fois les inspirations de la piété chrétienne et les plus hautes idées que les sages grecs s'étaient faites île la dix iiiité.