L\ CHIUSTOI.OC.IE DE CLEMENT
(Vosl im lies traits les plus caractéristiiiiies du christianisiuc du Ih siridc, (|u'il semble atlril)uci' Ta'iST'.^ à|jLapTu.)v moins au Clirist, à sa mort sur la croix, qu'à la vertu du l)aj)tcme. Cela devait èlre. Du moment que le baplèmc devient un véritable rite d'initiation, qu'on l'assimile de j)lus en plus aux cérémonies (|ui donnaient accès aux mystères, que par conséquent l'idée de purification s'y attache de })lus en plus, la mort du Christ devait paraître d'autant moins nécessaire à ïa.'stT'.^ àaaoT'lwv. Le lien entre cette mort el le pardon des péchés, si lortcment accentué par tout le Nouveau Testament, devait se relâcher. C'est ce qui est arrivé '.
Même phénomène chez Clément. D'un coté, le ba|)tènie est transformé en une sorte de rite d'initiation ; rà(p£o-i.ç àijiapTÛov est mise en rapport étroit avec ce rite et, de l'autre, la mort du Christ recule à l'arrière-plan, et notamment l'idée d'un rapport de cause et d'effet entre cette mort et le pardon des péchés tend à s'effacer et à disparaître. Les passages où Clément mentionne la mort sanglante du Christ sont rares, et même, dans ces passages, l'idée (|ue le j)ardon des péchés en dé})end est à peine indiquée ^ De Clément, comme de tout le christia-
[xa-o? IV/0[J.£V «) 07] (jLo'vo) -6 Ôcîov È;:o~T£'JO|X£v 20 : àçisjjLÉvtov twv -Xt)jj.;j.£-
Xr)[jLaT(ov Ivl 7:aifovi(|) (paptAocxo) Xoyix.iTj, (?a7CTt7[i.XTt -ocv-a [jlîv oùv à.-oXo'jQ-
[xsOa -X àjjLaptrJtJLaTa aîa/âpi; aûrr) toù' çfoTÎ'jaaTo;, etc.
1. Harnack, owt'vagc cité, [«^'vol., p. l'ÛJ, la uolo très iinpoilanle avec les textes cités.
2. Paedag., I, 23 : toùi; aiixait xupiou èx çOopà; XsX'jxpwjjLÉvouç. Pacdag.,
I, 'il : vîoÀaîav r,v aùxô; i'ZTZixo^i.^iM'^vj h xûpio; ai'jj.a-t Tiaîio. Pacdag., I,
'i3 : a'jTOç yoOv 6 Xo'yoç "ô aitoO j-lo f^atov l'^i'/j.Vi a![i.a aw^'ov ~r^•^^ àvOpw-
7:oTr)-a. Paedag., Il, 19 : -ci ai[j.aajToù (jo)-r,p(a xîpvaTai. IV, Stroui., 107 ; où xô af[i.a j-îp fjjjLwv fjyiâaOr,. Voyez encore De Di\'ite, 23; Eclog., 20 ; III, Strom., \\, à la (in. Dans Ions ces passages, notre Clément semble, comme Clément Romain, employer des Formules dont 1 idée même lui est devenue à |)eu prés éti'angère,
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nisme du 11^ siècle, il laiil dire qu'en ce (|ui concerne la [)ortée attribuée à la mort du Christ, on est à cent lieues tout ensemble de saint Paul et de saint Augustin.
Dans la Didachv des XII apôtres se trouve une prière eucharistique dans laquelle on rendait grâce « pour la connaissance, la loi et Yitnmorlalité » que Dieu procure par Jésus. Ainsi les deux grands bienfaits dont les chrétiens du II' siècle se sentent redevables au Christ sont la connaissance (yvw!7',ç) et l'immortalité (àOavao-ia ; synonymes, àcpf)apa-'la et îi^wr, alo)vt.Os). Or, ce sont précisément les bienfaits que célèbre Clément, notamment dans le Pro/repticus. Le Logos, dit-il, doit mettre un terme à la corruption, vaincre la mort. Le Logos est a[)paru afin de nous procurer -rô àsl î^/^v. « Il transforme la corruption en incorruptibilité. » Il est le Àôyo^ à-^fiapo-'la; '. Dans le discours que Clément met dans la bouche du Logos, il lui fait promettre avec insistance l'immortalité. Les traits essentiels du christianisme de son temps se retrouvent ainsi chez notre auteur ^
Quoiqu'il conçoive l'œuvre du Christ à un point de vue essentiellement chrétien, cependant même ici la philosophie grecque projette son ombre sur la pensée de Clé-