‹ Clément d'AlexandrieChapitre 131 sur 149 · ô xoivôç Tit'JTo; cl 6 ovTO); Yvwdxtxd · texte numérisé non relu

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2. VI, Stroni., 60; passage où l'auteur dislinguo entre la TEÀeifoai; toj zoivoj riaToO el celle toj yvocttixoCI ; VI, 92 ; le ^noisliiiue connaît l'avenir, etc., VI, 97 : il connaît le péclié autrement que les autres fidèles ; VI, Sirnin., lit); Vil, Siroiii., 'lO : où la dislinction est nettement faite entre le simple lidèlcetle giu)stii|ue, etc. ; VI, Slrnin., 70 : connaissance supérieure du gnostique.

A un homme élevé à l'école des philosophes, celte distinction devait paraître la chose la plus naturelle du monde. Depuis Platon, sans parler de ses devanciers, la philosophie était devenue tout aristocratique. Dans sa République, le grand philosophe avait élevé le sage de ses rêves à cent coudées au-dessus des autres hommes. 11 en avait fait un être à part qu'il avait comblé de toutes les supériorités. Jamais plus la vision de cet idéal ne se perdit. Elle se transmit à toutes les écoles de philosophes. A leur tour, les stoïciens s'en emparèrent et lui imprimèrent un sceau ineffaçable. Le portrait du sage, tel qu'un Sénèque, un Marc-Aurèle, un Epictète l'ont tracé, avait un tel relief, qu'après l'avoir connu, on ne pouvait plus l'oublier. Dès lors, comment Clément, imbu comme il l'était de philosophie, n'aurait-il pas eu l'idée d'un sage chrétien? Cette idée devait s'imposer à lui, ne fût-ce que pour opposer au sage des philosophes celui des chrétiens. 11 devait lui paraître tout naturel que le christianisme eût le sien. Bien loin de s'apercevoir que la distinction qu'implique cette idée d'un sage à la façon des philosophes n'avait aucun fondement dans l'Ecriture, il tirait de celle-ci, grâce à sa méthode allégorique, une foule de traits dont il se servait pour composer la physionomie de son gnostique ou sage chrétien.

Cette distinction que l'on prétendait établir entre chrétiens était si contraire à l'esprit de la religion nouvelle, qu'elle ne pouvait être faite qu'avec de minutieuses précautions. Les sectes gnostiques n'y mettaient aucun ménagement. Elles faisaient du gnosticisme un privilège de nature. Ceux qui possédaient la gnose étaient des hommes spirituels, les autres n'étaient que des enfants, des psychiques. Cette prétention, Clément lui-même ne pouvait la supporter. Il perd rarement l'occasion de s'élever

T.K C.NOSTIQUE

(•(-mlr(^ liilco (|uo la gnose osl une prérogative nalurelle ', On uo nail pas gnosli(pie, on le devient. Ce (|ni lait le o;n(>sli([ue, ee n'est pas une supériorité native, e'esl la discipline et l'éducation ^ La carrière est ouverte à tous; il n'en reste pas moins que les meilleurs coureurs constiluent une élite, et (|ue (^dénient introduit dans le (dirislianisnie un dualisme (|ui devait avoir une fortune incomparable.

Mais en adoptant l'idée du gnostique chrétien, n'obéissait-il qu'à une sorte de préjugé naturel à un élève des philosophes? Nous ne le pensons pas. Rappelons-nous ce cpi'était le christianisme populaire de son siècle, tant au point de vue des doctrines qu'à celui de la morale. L'impression qu'en donnent les documents est celle d'une religion encore à peine développée. Les chrétiens ne sont encore que des enfants, des vrjTtw, en vérité ! Les Pères apostolitpies ont-ils seulement compris le paulinisme ^? L'heure était venue de creuser plus profond et de tirer de l'Évangile de nouvelles richesses. Un Clément, unOrigène en ont éprouvé le besoin impérieux. Leur piété même exigeait un christianisme plus ample et plus profond que celui de leur temps. Ainsi, même en empruntant aux philosophes l'idée du gnostique. Clément obéit au fond à une inspiration toute chrétienne.

Caractérisons maintenant, d'après les textes, le gnostique de notre auteur.

Quel est tout d'abord le but que se propose le gnostique, ou pour parler un langage philosophique ((ue Clé-

i. II, Strotu., chap. m; IV, Strnni.. 58.

2. I, Stroin., 3'i : où yàp «pûaii, aiOrJTS'. 5: oE xaXoi xàYaOol yivoviat. 'i. C'est ce qu'a dénionlrc A. lUtsclil dans son livre sur Die F.niste- /iiin-f (fer nlllutllinlisrlicii Kiiclic. 1857.

ment lui-même emploie parfois ', quel est le souverain Bien que poursuit le gnostique? C'est de devenir semblable à Dieu. Ainsi s'exprime notre théologien quand il formule sa notion du souverain Bien dans ses termes les plus généraux. Dès qu'il précise, il devient obscur. Pour définir la fin que doit se proposer son sage, il se sert des formules les plus variées, empruntées tantôt à la philosophie, tantôt aux mystères, tantôt à rÉcriture. Ce qu'il y a de plus embarrassant, c'est que cette diversité dans les termes correspond à une égale diversité dans la façon même de concevoir sa doctrine. En elle se rencontrent des idées de provenance aussi variée que les formules qui l'expriment.

Essayons de démêler l'écheveau que Clément semble avoir enchevêtré à plaisir. Le gnostique se propose de devenir semblable à Dieu. Cela s'appelle la eçojjioitos-'.; tw Ocw. C'est une formule platonicienne. Clément lui-même rappelle le passage du Théétète où elle se trouve ^. Il affirme que Platon a emprunté sa doctrine à l'Écriture. Lui-même, s'inspirant de Philon, prétend la retrouver en propres termes dans un passage delà Genèse ^

Ce qui est plus étrange, c'est que Clément n'a pas vu

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