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LK (ÎNOSTIOLIK 291
coite vague idée (riinc gnose vraiiiienl chrétienne, Origène jettera les fondements de la dogmatique qui sera celle de rÉglisc. Notion nuageuse, comme celles ([ue rêvent les poètes, elle aura une fécondité qui lui eût été refusée si elle avait été plus logique et plus précise.
Mais la gnose de Clément est de nature non moins morale qu'intellectuelle. En effet, remarquons d'abord qu'elle ne s\ac(|uiert qu'au prix d'une longue préparation qui consiste en une sévère discipline personnelle '. 11 v a plus, dans maint passage, Clément en parle comme d'une véritable vertu '. C'est la vertu par excellence. Qui la possède est, par cela même, élevé au-dessus des défaillances et des péchés de l'humanité. La gnose purifie le cœur '\
Voilà une façon de concevoir la gnose qui n'est plus purement platonicienne. C'est maintenant le stoïcisme qui fait sentir son influence. D'après cette école, l'essence môme de la vertu, c'est la raison \ Ce qui confère au sage sa supériorité, c'est la connaissance qu'il a de l'ordre universel. Sa raison, qui demeure en harmonie avec la raison
1. Il, Siroin., 'j5 : Un à;xaOr;c, inômo s'il l'ait lo bien, ne pont èli-c pliilosoplie ; rÈTCtaxrJijLTi unie à la discipline morale peut seule rendre si-inblable à Dieu; II, 31 : les \'ei-lus qui conduiseul à la ^ytôau; YI, Stroni., 91» : on ne peut être gnostique sans travailler à sa propre per-fection morale.
2. III, Stfoin.. 'l'i, passage où le caractère moral de la yvcôatç est fortement accentué; YII, 55 : les deux côtés sont bien mis eu lumière au début du paragraphe.
3. IV, Strom., 39 : r, yvôTt? -ou f,yc;jiovixoj t^? |j/f;: x.âOapaîç h-i xaî èvs'pystâ lariv àyaÛT,' : VI, Sirom., 99 : f, â'^; f) YvroaTixf, f,oovà: à6Àa6cî; -apr/o- [AÉvr) ; VII, Slroni., 19 : 6 ôi ôi' aÙT/,v Tr,v yvto5'.v xaOaoô: -f, xapoia, ciÀo; O'JTO; to'j Oeoû.
'i. Iiiivaissdii, /issni sur la inr/i(p/iy.'il(/iie d Aiistotc. [. Il, p. 1 7'.l. (.|<-. Zellei-, Die Pliilosoplne dcr (hicclirn, drillei- 'l'Iieil, ersie Abllu•ilulll,^ p. 206, etc. Textes de Diogène de Laërte, VU, 88, 92, 93 : H-vat V àyvoia: -à; y.axia: (ov ai àpîTai È-'.iTf.jxa-.. Toute leur nu)rale est inlelleci ualisle, voyez les ^^Wi à 113 de Diogène sur la définition des jîocOr,.
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qui est immanente dans le monde, est son titre de royauté. C'est par elle qu'il est apparenté aux dieux. Epictète, l'esclave, ne se lasse pas de répéter « (jue la raison est ce que nous avons en commun avec les dieux * ». Ainsi dans la morale stoïcienne, la raison est au premier plan. C'est le principe d'où dépend et découle tout le reste. Dans la morale de Clément, la gnose a exactement la même importance. Elle est le pivot de toute l'éthique de noire auteur. De quelque coté c[u'il l'envisage, il ne lui trouve rien de supérieur. Elle doit être recherchée pour elle-même ^ On connaît le passage si souvent cité, où Clément déclare qu'en supposant que son sage eût le choix entre la gnose et son salut et que ces deux choses pussent être un instant séparées, le sage se déciderait pour la gnose \ Et quels biens ne procurera pas la gnose à celui qui l'aura conquise ? Tout le YIP livre des Stromates est plein des peintures enthousiastes que fait l'auteur de la lélicité éternelle de son gnostique !
On avouera que la gnose de Clément est une conception tout à lait étrangère au christianisme. 11 a beau l'exprimer parfois en langage biblique et, grâce à l'allégorie, la retrouver dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament où elle n'a que faire, il ne saurait nous donner le change *. Sa gnose, dont le premier ancêtre est Platon, est en dernière analyse de provenance stoïcienne '".
Jusqu'ici nous ne sommes guère sortis de l'idéal. Deve-