I. Vil, Sti-oni., ciiap. XI tout enlicr
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son auliMir. Ii(' gnosi i(|iio tliuiieui'o iiilérieiii'cmcuL iiK''l)raiilahlo, àtot-To; uivs'. xaTa tt.v (L'jy/^v; il envisage les eirconstanees, les aceidenls, la mort elle-niènie eomme des néeessités naturelles ; Dieu s'en sert pour faire Tédueatioii des ànies réfraetaires. Les événements ont un rôle pédagogique iei-bas. ^Vussi le sage chrétienne se souvient pas des torts cpTon lui lait. Jamais il ne siri-ile contre (|ui que ce soit, car toujours il se rappelle f[ue celui qui lui a l'ait du mal, Ta lait par ignorance; il a donc pitié de lui, il prie pour lui. — Il considère les circonstances qui échappent à son contrôle, al ixo'jTW- -£p',7Tâ3-£'-;, comme lui étant étrangères; il n'a pas à s'en préoccuper; il y a un domaine qui lui appartient en propre ; c'est là qu'il se retire, àvàvwv sauTÔv à-6 xtov Ttôvwv £7:1 Ta oixsTa. — D'ailleurs, comment même les bonnes choses de ce monde, Ta xaAa toj xôs-ao'j, le toucheraient-elles, lui qui est épris d'un idéal divin, luiqui attache sans cesse ses regards sur des images qui sont la beauté même, sU Taç sv/.ôva^ à-^opwv Ta; xa)>â;, c'est-à-dire sur les saintes figures des patriarches, des prophètes, des anges sans nombre, et en particulier sur celle du Seigneur? Voilà pourquoi il méprise même les choses douces et agréables du monde. L'apotre Pierre n'éprouvait que delà joie en voyant son épouse menée au supplice ! — La raison profonde de la sérénité du gnostique en face de tout ce qui épouvante les hommes, de la mort, de la pauvreté, de la maladie, de l'impopularité, c'est qu'il apprécie ces accidents à leur juste valeur. Il ne se laisse pas tromper par les apparences. Par conséquent, il ne s'épouvante pas de ce qui remplit de terreur les autres hommes, pas plus qu'il ne se laisse dominer par les passions. Il sait qu'il n'y a que le mal, Ta xaxà, qu'on doive craindre. Comme les événements et les accidents de la vie ne sont ni bons ni mauvais en eux-mêmes, il ne les
appréhende pas. Encore une fois, il n'y a que le mal moral, c'est-à-dire ce qui lui est étranger, (jue craigne le parfait chrétien. En dehors de cela, il n'y a aucune cause d'inquiétude. Au fond, la Lâcheté n'est que le résultat de l'ignorance. Ainsi chez un tel homme, tout dépend de lui-même et tout est subordonné à la fin qu'il poursuit, toutoi rcàvTa £',; ia'jTov àv/jorfiTa', itpô; t/jV tûj tsAo'j; xty.ti.v. Rien ne l'ébranlé, il résiste aussi ])ien à la haine des foules, aux reproches de ses frères qui ne le comprennent pas qu'aux périls qu'il prévoit et qu'il regarde en face ! Enfin allez au fond de son àme et vous trouverez que le mobile qui le lait agir, c'est l'amour, to'Jtcjv oùv a-.Tva y, àv'.wTaTr, xal y.jsuo-
Qui ne reconnaît ici l'empreinte stoïcienne ? Elle est même très fortement marquée dans ce passage. Relisez quelques pages de Sénèque ou d'Epictète et vous serez frappé de l'analogie des idées et même de la concordance des termes. Ce qui détermine toute l'attitude du gnostique de Clément en face des événements, c'est la connaissance qu'il possède de ce qui lui appartient en propre et de ce qui lui échappe, des biens (|ui sont sa propriété et de ceux, faussement ainsi nommés d'ailleurs, qui se dérobent à son contrôle, de ce qui lui est o'.x£~.ov et de ce qui lui est àÀ).6- Tp'.ov. 11 sait donc ce qu'il ne faut pas craindre. Car il
1. Voyez encore loul le ,§ 78 du mi-me livre, et notez les expressions,
■TïâvTiov TÎbv £VT2'j6a >'.a~a;jL£Ya},ocipovcov [jiôviov xtov !o'!cov [jl£(j.v"/]ulîvoc;,
Ta 0£ svTajOa Trivxa âXXÔTpia TiY'^j;^^"''^?; ^^^- Slrom., 18, passage remarquable sur l'àvooeîa du gnostique ; VII, Stroiii., 75 : -uajTTj xw j3'!tij T(j)3e (0(; àHo-zp'.io oaov £v àvây^ï]? (J'J-;-/ pr^ioLi lJ.otpa ; 77 : il doit vivre dans la cité comme s'il n'y était pas et mépriser tout ce qu'où y admire ; 79, il a le dédain des choses qui contribuent àla formation et àlalimentation du corps, xa'. TYJç aïojjiaT'.x^i; i];'jy7iç xc^-rsçavia-aTat ; 82 : aj^lxot Travca xà ÈaTTOOcov xaxa- X'.TTwv Ti;jLvï'. O'.à Tf;? £7T'.7T/î;j.Y,^ tÔv O'joavov, etc.
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n'nppréhendo (\uc le mal, ol ce n'est pas dans les événemenls (|iii sont en deliorsde lui (|iie se Iroiive le mal; donc il ne les eiaiiil pas. Voilà ce (lui explique sa sérénité au milieu des épreuves qui épouvantent les autres hommes : eeux-ei trendjlentà la perspective delà pauvreté ou de la maladie. Cela est naturel, puis(|u'ils ignorent que ce sont là choses indillerentes au point de vue moral et qui par consé(pient ne relèvent pas de nous.
Ne dirait-on pas en vérité, un fragment des entretiens d'Épictète ' ? Celui-ci distingue constamment les choses qui dépendent de nous de celles qui ne nous regardent pas. Ce qui est à nous, c'est notre volonté, nos inclinations, ce ne sont pas les choses du dehors. On devrait rendre grâces aux dieux de ne nous demander compte que de ce qui dépend de nous, ^^oilà pourquoi Epictète se rit des tyrans. Ils ne peuvent frapper que ce que le philosophe ne considère même pas comme sien, c'est-à-dire son corps, mais ils ne sauraient atteindre la volonté de leur victime. C'est cette connaissance de ce qui dépend de lui-même et lui appartient en propre cpii constitue la supériorité du sage. On le voit, l'analogie entre la conception de Clément et celle d'Epictète est très l'rappante. Assurément il ne faudrait pas analyser trop minutieusement celle de notre auteur, on constaterait bien vitetprelle est loin d'avoir la précision de celle du philosophe grec. Il n'en reste pas moins que la parenté est évidente.
Mais pour stoïcienne qu'elle soit au lond, l'idée que notre théologien se fait de l'attitude du gnosti(pie en face des
1. Disserlationes. Dans le I" livre, toul le rhap. i<"' ; I, 'i, 18 ; i, 9, 32, 3i ; I, M, 37; I, 12, 17; 17,20, loule la (in du cliapiu-e ; le chap. xix, etc., etc.
Sénèquc, De Constaiitia sapientis^ cliap. v : le sage hahchai cnim sccinii vera boiia in qiiac non est nianns injoctin, cliap. vi, viii, ix, x. Voyez, les leUres à Liieiliiis: à cimipjM-cr l;i 8'' on la 13".
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circonstances ne laisse pas d'èlre légèrement teintée de platonisme. Ainsi une des raisons qui font que le gnostique demeure insensible aux événements et même qu'il méprise les bonnes choses de ce monde, c'est qu'il a les regards fixés sur les images de la vraie beauté. Voilà une idée platonicienne par excellence. Clément a beau lui donner une couleur plus chrétienne, en identifiant ces images parfaitement belles avec les patriarches, les prophètes, le Christ, il n'en reste pas moins que l'idée lui a été inspirée par Platon. Nous venons de nommer le christianisme; la trace en est sensible dans la page que nous avons analysée. Ne dit-il pas que c'est l'amour, ràvàTrT, qui donne à l'athlète chrétien son courage intrépide? jNIais hàtons-nous de le dire, ces traits qui rappellent soit Platon, soit l'Évangile, ne sont qu'à la surface. L'idée est foncièrement stoïcienne. En face de l'infortune, de la maladie, de la mort, Clément pose son gnostique en une atttitude que n'auraient désavouée ni Sénèque, ni Epictète.
Dans la physionomie du gnostique nous n'avons trouvé jusqu'ici que des traits presque exclusivement dérivés de la philosophie. Platon et surtout les stoïciens auraient le droit de le revendiquer. 11 a fallu chercher attentivement pour découvrir dans le sage de Clément quelque chose qui rappelât le christianisme. Serait-ce à cela que se bornerait l'influence chrétienne ? Loin de là . Par tout un autre côté le gnostique est marqué distinctement de l'empreinte chrétienne \
le Xous aurions pu relever dans la notion même de l'aTcàôîia d'autres vestiges d'influence chrétienne. Ainsi dans un assez grand nombre de passages, il dit que le gnostique doit être sans péché, àva[j.âpTr,TOç. C'est une façon de parler toute chrétienne pour signifier exactement la même chose que l'aTidcGeta. Voici du reste quelques-uns des plus topiques de ces passages : II, Strom . , 26: ^^^Koai^ os i^, Tïpwxr, (iva,uaptr,a!a ; IV,