‹ Clément d'AlexandrieChapitre 144 sur 149 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

selon une loi organique ; mais il ne tarde pas à dépasser le point de croissance auquel était arrivé celui de Clément. Ouvrez \e De Priiicipiis et vous constaterez sur tous les points que l'inspiration chrétienne modifie les notions phiIosophi(|ues et métaphysiques que s'approprieOrigène, dans une mesure beaucoup plus marquée. II n'y a jamais eu rien de plus absurde (jue le jugement (jui excommunia Origène. Le concile qui le rendit fit preuve d'une insigne ignorance. En fait, Origène est déjà beaucoup moins philosophe grec que Clément et beaucoup plus théologien chrétien.

Le christianisme de Clément et d'Origène, après avoir jeté un magnifique éclat, devait être renié par TEglise. Celle-ci devait leur préférer Tertullien et Cyprien. Leur christianisme essentiellement juridique avait d'incontestables avantages pratiques que l'autre n'avait pas ; il était facile à inculquer aux multitudes, d'un usage commode dans toutes les polémiques, et particulièrement approprié à devenir un instrument de gouvernement ; c'est ce qui a fait sans doute sa fortune.

L'Eglise se contenta de prendre à Clément et à Origène la métaphysique ou l'appareil philosophique dont elle avait l^esoin pour revêtir ses croyances de fornudes doctrinales. Mais quant à la jnétliode et à l'esprit de ces deux grands chrétiens, elle eut soin de les écarter et de les condamner dans la j)ers()iine d'Origènc.

Mieux placés (jue les hommes du iv" et du v^ siècle pour savoir exactement ce ([u'étail le christianisme primitif, nous avons le devoir de renverser la sentence de l'Eglise, et de déclarer que le christianisme (jue Ton enseignait à Alexandrie était bien plus véritable que le christianisme que l'on promulguait à Cartilage et à Rome.

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