‹ Clément d'AlexandrieChapitre 145 sur 149 · APERÇU BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

APERÇU BIBLIOGRAPHIQUE

Nous ne donnons pas à ce chapitre supplémentaire le titre de Bibliographie. Ce terme s'appliquerait mal à un simple aperçu de la littérature du sujet et ne répondrait pas exactement au but que nous nous proposons. En effet, nous ne promettons pas au lecteur une liste absolument complète des ouvrages et des travaux dont Clément d'Alexandrie a été l'objet. Notre dessein est simplement de le renseigner aussi exactement que possible sur létat actuel des études qui ont trait à notre auteur. Faire le relevé de ceux des résultats de ces études que 1 on peut considérer comme définitivement acquis, mettre en lumière les erreurs des méthodes qu'on leur a trop longtemps appliquées, montrer la plus grande rigueur et le caractère plus scientifique de celles qu'on y apporte depuis quelques années, enfin indiquer ce qui reste à faire et dans quelles directions il convient de pousser les investigations, tel a été notre but, et ainsi se justifie le titre que nous avons donné à ce travail. C est un simple aperçu i)ibliographiquc destiné à orienter les recherches.

Les Manuscrits '.

11 est impossible de juger de la valeur des éditions de notre auteur qui ont été publiées jusqu'à ce jour et surtout d'apprécier les travaux récents dont le texte de ses écrits a été l'objet, sans avoir quelque idée des manuscrits de Clément que nous possédons actuellement.

Nous avons dix-sept manuscrits pour le Protrepdcus et le Paedagogus ; pour les Stromates, nous n'en avons que deux, et le Quis dii'es sah'etur ne se trouve aussi en entier que dans deux manuscrits^

Des dix-sept manuscrits du Prolrepticus et du Paedagogus, il y en a trois qui ont une réelle importance, les quatorze autres sont d'un rang inférieur.

Le plus ancien manuscrit qui contienne ces deux traités est le célèbre Codex d'Arethas, évêque de Césarée en Cappadoce. C'est le n" 451 des mss. grecs de la Bibliothèque Nationale, désigné d'ordinaire par la lettre P. Il a été copié par le scribe Baanes pour Arethas en l'an 914. Outre nos deux traités, il en contient d'autres, tels que l'apologie d'Ataénagore, etc. On trouvera la description de ce manuscrit soit dans le Corpus Apologetarum christianoriun saeculi secundi de Otto, t. II, p. vu, ou dans l'édition deDindorf, t. I, préface, p. V et suivantes, MM. Harnack et von Gebhardt ont consacré de substantielles études au Codex d Arethas dans les Texte und Untersuchungen, t. I, p. 24 et suiv., et t. III, p. 162 et suiv.

Nous avons ensuite un manuscrit de Modène, le Mutinensis (III. D. 7), désigné par la lettre M. On sait maintenant que ce manuscrit est une très bonne copie du Parisinus (P), faite soit à la fin du x^ siècle, soit au commencement du siècle suivant. Il contient les dix premiers chapitres du l*^"" Paedagogus qui manquent actuellement dans P. Il a donc été copié à une époc|ue où le Codex d'Arethas n'avait pas encore été mutilé.

1. Ce paragraphe peut paraître superflu depuis que M. Stàhlin a publié le i*"" vol. de son édition de Clément. Il l'est pour ceux qui possèdent cet ouvrage. Nous pensons que le lecteur français nous saura gré de l'avoir conservé.

Le troisième manusrrit do quoique importance que nous possédons est un florentin du xi" siècle. 11 so trouve dans la Bibliothèque Laurentienne (PI. V, Cod. 24). La loilre F sert à le désigner. Il se distingue par deux lacunes de quelques pages, dont la première se trouve dans le 1«'' livre àuPacdagogus et la deuxième dans le second. On a mis longtemps à être complètement fixé sur la provenance de (0 manuscrit et sur ses rapports avec les deux autres. A 1 heure actuelle, il parait acquis que F dérive de notre P, mais indirectement, en d'autres termes, c'est une copie d'une copie du Parisinus. Cette circonstance enlève à F beaucoup de sa valeur.

Les quatorze autres manuscrits de nos deux traités que nous possédons sont des copies de ces trois manuscrits. Aujourd'hui, on est fixé sur l'exacte provenance de tous sans exception. Il )' en a huit c[ui sont dos copies de F, faites au xv" et au xvi" siècle. On les reconnaît au fait qu'ils ont les deux lacunes caractéristiques de F. Deux manuscrits dérivent de P. Ils sont du xv^ siècle. L'un se trouve à Gênes et 1 autre à Oxford [Nciv Collège). Celui-ci est une copie du premier. On désigne celui d'Oxford par la lettre N. Il a joui d'un grand prestige, maintenant disparu. Deux manuscrits italiens du xvi^ siècle, ne contenant cjuc le Protrepticus, dérivent aussi de notre J^arisiniis. Enfin de F, mais corrigé d'après M, vient un manuscrit romain du xv« siècle [Ottob. 04) et peut-être un manuscrit que possède la Bibliothèque Nationale et qui est duxvi« siècle (Paris, suppl. gr., 254).

Les Stromatcs n'existent que dans deux manuscrits. Le premier est un Medicœo-Lanrentianus (PI. V, c. 3), désigné par la lettre L. Il est du xie siècle. Paris en possède une copie qui est du xvi*^ siècle (Paris, suppl. gr., 250). Il sera question ci-dessous des deux manuscrits du Quis dives.

Les Editions.

La première est de Petrus Victorius (Florence, 1550). On nest pas encore absolumenl fixé sur les manuscrits qu'il a employés pour son édition. Dans l'épitrc dédicatoire qu'il adresse à Marcel Corvin,

326 CLÉMENT d'aLEXANDHIE

cardinal de Sainte-Croix, il mentionne un manuscrit contenant \eProtrepticus et le Paedagogus, que lui avait prêté Rodolphus Pius, cardinal de Carpi. Jusqu'en 1890, on ignorait la provenance de ce manuscrit. On l'appelait le Codex Cnrpcnsis. Il est maintenant hors de doute que ce manuscrit n'est autre que notre Mutinensis. M. O.Stiihliii l'affirmait en 1895 et M. Barnard, qui a travaillé de concert avec lui, en a donné la preuve complète dans la préface de l'édition du (Jais du'cs qu'il vient de faire paraître ^ On a aussi des raisons de croire que Yictorius a également utilisé le manuscint de Florence (F) ^ . Ce ne sont pas les seuls, mais les autres, quels qu'ils soient, sont de date récente. Le point important est que le premier éditeur de Clément n'a pas connu le plus ancien manuscrit, notre Parisinus.

En 1592, F. Sylburg publia une nouvelle édition des œuvres de Clément. Sylburg était un érudit sagace et consciencieux. Pour établir son texte, il a utilisé, outre l'édition de P. Victorius, un Codex Palatinus qui est de 1549. C'est une simple copie du Florentin. Un des compatriotes de Sylburg, Hôschel, conservateur de la Bibliothèque d'Augsbourg, lui communiqua de nombreuses variantes qu'il avait tirées d'un manuscrit contenant d'importants extraits des écrits de Clément. On a cru jusqu'à tout récemment que ce manuscrit n'existait plus. M. Preuschen l'affirme encore ^. M. Stilhlin l'a retrouvé. C'est un Monacensis (479) du xv* siècle *. Il n'a pas la valeur qu'on lui attribuait. On le voit, Sylburg ne disposait pas de manuscrits supérieurs à ceux de Victorius. Son mérite comme éditeur est d'avoir corrigé le texte par une foule de conjectures heureuses, de lavoir éclairci par d'excellentes annotations, et surtout d'avoir composé un « Index rerum et verhorum » qui figure encore dans l'édition de Dindorf.

L'édition de Sylburg a été réimprimée en 1616, 1629, 1641 et

1. Pour les détails sur les travaux de ces deux érudits, voir ci-dessous.

2. O.Stàhlin, Beitrdge zur Kenntnis der Handschriften des Clem. Alex., Nuremberg, 1895, page 6.

3. Harnack, Geschichte der altchristlichen Litteratiir bis Eusehiiis, t. I, p. 299.

Page 1