X.Didaché ; Eus. //., A'. III
il découvrit le plus grand de tous « caché en Egypte *. » Eh quoi! Pantène était-il donc si obscur qu'il ait été presque inconnu, même à Alexandrie? Clément ignorait-il l'existence du Didascalée? Que signifie son langage, si ce n'est que Pantène enseignait alors sous sa propre responsabilité, qu'il n'avait autour de lui que quelques élèves, que l'Eglise d'Alexandrie ne se préoccupait pas de lui et que l'École catéchétique n'était pas à cette époque une institution? Un docteur obscur la fonde, comme vingt ans plus tard un jeune élève la relèvera, sans avoir été ni secondé, ni dirigé par personne.
Les leçons des catéchètes d'Alexandrie ont été certainement suivies de bonne heure par des personnes étrangères au christianisme. L'idée se répandit dans le public qu'on pouvait s'initier à la nouvelle religion au Didascalée. Auraient-ils pensé à s'adresser au jeune Origène, les païens dont parle Eusèbe, s'ils n'avaient cru que l'élève de Clément allait continuer les traditions de l'Ecole ? On y faisait donc do la propagande avant lui, et ce fut probablement dans ce but que Pantène commença d'enseigner. Cette propagande s'adressait à des païens cultivés. Du moins celle que fit Clément était-elle destinée à ce public. Son Protreptiens suppose des lecteurs instruits. La conquête de la jeunesse qui formait la clientèle des philosophes fut l'une des principales préoccupations de Clément, peut-être aussi de Pantène. C'est aux philosophes que Clément dédie les deux derniers livres des Slromates.
Mais, il y a des faits qui le prouvent, on ne se bornait pas à l'Ecole catéchétique, au temps de Pantène et de Clément, à convertir des païens; elle a été de bonne heure fréquentée par de jeunes chrétiens. Origène et, avant lui,