Voyez Th. Zahn, Forschungen, t. III, p. 34 sqq
cimane qui divisait TEglise à la lin du iT siècle *. Dès qu'il cul annoncé son intention, ses amis le prièrent de mentionner dans son traité les opinions des chrétiens éminents de la génération précédente qu'il avait connus ^. On savait que Clément avait pieusement recueilli les sentences et les traditions des « anciens ». Nous ne pouvons savoir ce qu'a été le Hepl toj Ilàaya, mais que Clément ait écrit ce traité et que par là il soit intervenu dans une des controverses intestines de l'Eglise de son temps, n'est-ce pas une indication qu'il a été peutêtre plus homme d'Eglise qu'on ne le suppose ? L'écrivain qui a donné au christianisme de son temps une forme philosophique qui semble l'éloigner de la masse des fidèles est en pleine lumière; le simple chrétien qui s'est préoccupé des questions d'ordre purement intérieur, qui a été plus d'une fois prédicateur populaire et qui a su demeurer en communion étroite avec l'Eglise, est plus effacé. Il n'en a pas moins existé. C'est encore ce que le fait suivant nous autorise à croire. L'Eglise avait à se défendre contre le judaïsme et les tendances qui en dérivaient. La controverse avec les Juifs était vive. Justin Martyr lui a consacré son Dialogue avec Tryphon. Les exégètes juifs contestaient aux chrétiens l'interprétation qu'ils donnaient des passages messianiques de l'Ancien- Testament. 11 fallait répondre; autrement le puissant argument que l'on tirait de la prophétie hébraïque en faveur du christianisme risquait d'être ruiné. Ainsi s'explique la vivacité de la controverse. En homme qui embrasse avec chaleur les intérêts de l'Eglise, Clément, comme Justin, a aussi composé un traité contre les Juifs