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LE PROTHEPTICUS 65
« L'homme estime plante céleste », s'écrie plus d'une fois notre auteur '.
Ainsi ni le paganisme, ni la philosophie ne savent rien de certain sur Dieu. Où donc le trouve-t-on? Chez les prophètes hébreux. « Il est temps de nous adresser aux
écrits des prophètes Sans ornement, sans aucune
beauté extérieure de langage, sans faconde, sans rien qui flatte, ils relèvent l'homme qu'étreint Tiniquité ».
Remarquez la méthode apologétique de notre auteur. Il commence par affranchir son lecteur des superstitions populaires ; il ne lui permet môme pas de trouver le repos auprès des philosophes; il lui prouve que la philosophie connaît les aspirations qui sont le tourment des âmes religieuses, mais qu'elle ne sait les satisfaire. Cette satisfaction, on la trouve pleine et entière dans les Ecritures. Là se dévoile le A'rai Dieu.
Si nous ne nous trompons, l'explication que nous avons donnée de la conversion de Clément au christianisme reçoit ici sa confirmation. La marche des idées et des sentiments, toute l'évolution intérieure que nous avons supposée chez Clément, est précisément celle par laquelle il voudrait faire passer son lecteur païen. N'en doit-on pas conclure que c'est à son expérience personnelle qu'il a emprunté sa méthode de propagande ? Clément a commencé par le dégoût du paganisme populaire. Les philosophes ont amplement suffi pour faire naître chez lui cette lassitude et cette répulsion. La philosophie est alors devenue sa religion. Mais comme Justin, il s'est aperçu que, si la philosophie ne méconnaît pas les aspirations de l'âme religieuse, si môme elle les excite, il n'est pas en son pouvoir de les apaiser et de procurer la paix inté-