‹ Clément d'AlexandrieChapitre 34 sur 149 · I, Paedag · texte numérisé non relu

I, Paedag

« briser sur les récifs. Ne se laissant porter que par le « souffle de l'esprit de Vérité, il saisit avec vigueur le (( gouvernail de l'enfant, je veux dire, l'ouïe, jusqu'à ce « qu'il lui fasse jeter l'ancre, sain et sauf, dans le havre « des cieux ' ».

Ce passage est significatif. 11 nous montre clairement comment notre auteur concevait ce qu'il appelle la pédagogie divine. L'inspiration première et toujours dominante en est la bonté. Le Pédagogue, comme Dieu lui-même, aime l'homme et veut son bien. C'est ce que Clément nous a répété sous toutes les formes. Mais la bonté du divin Pédagogue est clairvoyante, intelligente, sage. Elle voit la fin à laquelle il faut tendre et pour atteindre le but qui est le salut de l'homme, elle n'hésite pas à employer des moyens qui semblent contraires à elle-même et jurer avec sa nature. Le Pédagogue, c'est le médecin qui n'hésite pas à user du fer et du feu, à trancher et à cautériser, quand il le faut, pour sauver son malade. C'est encore le bon général qui subordonne tous ses mouvements à la sûreté de ses hommes. C'est enfin le vaillant pilote qui, pour atteindre le port, lutte contre vents et marées. Ainsi la sévérité elle-même est un élément de la bonté de notre Pédagogue.

En outre, et ce trait complète le premier, ce qui caractérise l'éducation que nous recevons de notre Pédagogue qui est le Christ, c'est qu'elle remonte aux origines du monde. Elle existe, elle s'exerce dès le premier jour. En effet, avant de se revêtir de chair, d'être Jésus, le Logos préexistait. Sa principale fonction a été de veiller au développement moral de l'humanité. Toutes ses autres

1. I, Paedag., 54 : Le gouvernail de l'enfant, ce sont les « oreilles ». Nous avons traduit ouïe.

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