J. Rcville, Les origines de l'épiscopat, 189'», p
2. Pour Apollinaire voir Kus., //. /:., IV, 27; V, 19. Pour Mélilon, Eus., //. E., IV, l:{ et 2G.
10 CLÉMENT d'aTKXANDRIE
histoire pendant tout le ii'^ siècle. Théophile écrivit un grand nombre d'ouvrages *. C'est à ce même règne qu'il faut rapporter ces nombreux fragments d'écrits anti-montanistes qu'Eusèbe nons a conservés dans le v^ livre de son Histoire. Ils témoignent d'un mouvement d'idées très intense dans cette région. Les noms qui appartiennent sûrement à notre période sont ceux de Polycrate d'Ephèse, de Sérapion d'Antioche, de Rhodon, d'Apollonius.
Dans les Eglises d'Asie-Mineure l'effervescence des idées fut toujours très grande. Pendant les vingt dernières années du ii* siècle, elles furent le théâtre de violentes discussions. Vers 180, le montanisme bat son plein; il fait déjà sentir son influence au dehors, à Lyon, bientôt à Rome et à Carthage. Y avait-il encore des survivants de la première heure ^? La prophétesse Maximille était-elle encore en vie ? Cela est douteux. Quoi qu'il en soit, les inspirés de Pépuze ont partout en Asie-Mineure des adhérents et bientôt des martyrs. Les évèques déployèrent la plus grande énergie pour enrayer le mouvement. Ils interrogeaient les voyants, discutaient avec eux, parfois ils s'efforçaient de les exorciser; ils multipliaient les écrits de controverse ; ils se dépensaient en exhortations au peuple pour le préserver de l'adversaire. Le montanisme, comme M. Renan l'a très justement fait observer, correspondait en une large mesure au génie des populations de l'Asie- Mineure. Dès l'origine, les chrétiens de ces contrées se montrent avides de spéculations mystiques, d'ascétisme, d'extases. De tout temps les illusions y avaient abondé. Quelles durent être la valeur et l'autorité des évèques qui
1. Eus., H. E., IV, 24, Harnack, Geschichte de?- altchristlichen Litteratur bis Eusehius, t, II, p. 496-502.