‹ Clément d'AlexandrieChapitre 40 sur 149 · VI, Stro7ii., 131 : xrpoïoûar); tr,; ypaçp · texte numérisé non relu

VI, Stro7ii., 131 : xrpoïoûar); tr,; ypaçp

3. V, Stroiu., 68 : a 8tj y.cd zpoïo'vto; tou Xdyou xaxà tÔv oixîTov xaipôv oia'3aç7('JO[j.£v.

4. Voyez lespassages suivanls non moins clairs ; ou remarquera : 1° qu'ils renvoient non pas à des écrits que Clément se proposait de composer après les Stromates, mais à des parties ultérieures qui doivent figurer dans la même ypacprj, c'est-à-dire dans le même ouvrage ; 2° que ce qu'il s'agit de remettre, c'est généralement la tractation de telle ou telle doctrine: VI, St?-oi>i., 4 : £7:tdvT£; ; VI, Sfro/n., 168; tiSTa xaSxa 8ri).(o6rj3£xai ; VII, Strom., 1 ; xaxà xoùç £-tza!pou; xdîiou; uaxEpov ; VII, Strom., 41 ; IV, Strom., 85; IV, Strom., 89 : xal -cot xoûxwv tioXÙ; ô Xô^Oi onov èv u^xÉpto axo::£Îv

ànox£Î<ï£xai ; IV, Strom., 91 ; V, Strom., 71 : xaxà xôv oÎxeÎov £rt8£i/6^'(j£xai

Tdnov ; II, Strom., 37 i o)ç Sir/ÔTÎagTai CigxEpov ; VII, Strom., 108 ; xavxî p.sv

LE M.MTRE 91

Il y a plus. Clément avait non seulement dans Tesprit ridée générale de la troisième partie de son grand ouvrage, mais il savait avec précision quelles seraient les matières qu'il y traiterait et quels en seraient même les principaux chapitres.

En effet, il annonce, dans un certain nombre de passages des Stro?)iûtes\ qu'il traitera ailleurs de doctrines qu'il nomme expressément. Il étudiera successivement la prophétie, Tàme, les principes, Torigine du monde, la résurrection. On suppose, en général, que se sont là les sujets d'autant de traités que notre auteur compte écrire dès qu'il aura achevé les Slromates. Est-ce vraisemblable ? Comprend-on Clément concevant le projet d'écrire encore une dizaine de livres pendant qu'il était absorbé par les Stromates? Quelle fécondité! quels vastes espoirs! Si chacun des traités qu'il projetait devait prendre les dimensions des Siroîuates ', la vie la plus longue n'y aurait pas suiïi ! A-t-on jamais vu un auteur qui, au milieu d'un ouvrage, rêve d'en écrire dix autres et qui en a déjà une conception si claire qu'il peut en formuler les titres ! Il faut avouer que l'hypothèse reçue ne peut se soutenir. Mais a-t-elle jamais

oùv xat s'ç udTîpov. Nous ne prétendons pas que Clément n'ait pas fait de théorie ni exposé de doctrines dans les Strontales. Au contraire, cet écrit en est plein. Mais il est certain que son intention était de réserver les doctrines à plus tard. Les passages que nous venons d'énumérer en font foi et prouvent que l'intention était très réelle et très arrêtée. Ajoutez à ces textes : II, iSti-oin., 134; IV SIrom., 162 : 6 yàp r.îpl ly.stvtov Xdyoî ij.s-à T7)v èv ytpai ;:paY|j.aT£fav ë'^tTat.

1. C'est encore le sonlinicnt de INI. PrcuscluMi. Voir son artirlo surCIénient, dans la Gcscliichte dcr Altclivistlichen Liiteratuv bis Eusohiits de A. Harnack. Voyez la liste qu'il donne, p. 308 : \'on oinev Anzahl %'on Scliri/'len, sagl Clenicns in dcii orhaltoncn Workoii, dans er sic sclireiheii wolle. Sa liste est inconiplèlo. Il ajoute, cependant, p. 309, qu'il se pourrait que, dans quel(|ues cas, l'allusion visât de futurs passages du même ouvragci

été sérieusement examinée? On peut en clouter. Le fait est que, dans presque tous les cas dont il est question, le texte indique assez clairement qu'il ne s'agit nullement d'œuvres nouvelles, mais de chapitres qui devront figurer dans le A-.oàc-xaÀo^ '.

Que l'on veuille bien peser avec soin les différents passages soit du Pédagogue^ soit des Stroiuates dont nous avons donné la traduction dans notre texte, que l'on parcoure aussi, avec quelque attention, ceux que nous avons cités dans les notes, et nous croyons que l'on reconnaîtra la justesse de l'hypothèse que nous avons émise dans ce chapitre. Tout le monde accorde que la troisième partie du

1. Clément annonce son intention de traiter de la prophétie, IlEpi IIpoçT]- TEiaç, I, Strom., 158 : [xîTà -aÙTa Xs/ôijasTat, etc.; IV, Stiom., 2 : ii.=Tà -r^v

è-'.8po(j.7;v T^îôïoXoyîaç Ta -spi -poçTjTSÎa? . Ainsi, après le chapitre de la

ÔîoÀoy'a, viendra celui de la T:pofT,zv.<x. Voyez encore IV, Stroin., 93 ; V, Strom., 88: il n'y a que dans ce dernier passage que l'on puisse voir l'annonce d'un traité IIïpl npocpr,T£Îaç, les autres ne comportent pas ce sens, et IV, Strom., 2, est péremptoire.

Clément annonce un Ilspî ^'j/tJç. Voyez V, Strom., 88; III, Strom., 13; II, Strom., 113: àXÀà 7:pô; ~6 oo'Y[xa toO'to SiaXeÇo'tAsOa û^Tspov ôrrrjvîxa -spl ij^uyfj; BtaXa[JL6avo[X£v . Est-ce clair?

Clément annonce encore un XIspl rîvÉjîw;, III, Strom., 95, notez GaTEpov. Dans VI, Strom., 168, il traitera de la yévia'.; quand il en sera à son chapitre sur xà cp'jaixâ.

Voici un ITîpl 'AyY^Xwv, VI, Strom., 32. notez les mots -poïojiriç t^ç Ypaç^'ç.

Puis un IleplEù/^;, IV, Strom., 171, notez TrpoïôvTo; toù Xdyoj.

Il y aura un Xlspl "Ap/tov, V, Strom., 140; VI, Strojii., 4. notez l:îidv-e;. / Il annonce, dans le Pédagogue, un IIspl 'Avaaxaaîoj;, Paedag., I, 47, et II, 104. Dans ces deux passages. Clément ne s'exprime pas de manière à ce que l'on sache si c'est un traité qu'il annonce ou si c'est simplement un des chapitres qu'il compte faire figurer dans son « Didascale ». Cependant, comme dans tous les autres passages où se trouvent de pareilles annonces, il ne s agit que des chapitres de la troisième partie, il est probable qu'il en est de même dans ces deux endroits du Pédagogue. Notre auteur comptait bien traiter de la résurrection dans son AïoâazaXo;, mais il ne songeait pas à consacrer un écrit spécial à ce sujet.

grand ouvrage (|ii(' projetait Clément devait consister en un oxi)osé de doctrines. Le De Principiis d'Origène est probablement Touvrage qui donne l'idée la plus exacte de celui que notre auteur espérait écrire un jour. On suppose communément (|ue nous avons dans les Stromates cette partie doctrinale. Mais, on vient de lavoir, cette hypothèse se heurte au fait que notre auteur parle de cette partie comme si elle n'était encore qu'à l'état de projet, non seulement au début du \\^ Siroiiiate, mais aussi dans les Stromates suivants. N'est-il pas plus simple de supposer que les Stromates sont une sorte de hors-d'œuvre que l'auteur n'avait pas d'abord prévu lorsqu'il traçait le plan de son ouvrage? Cette hypothèse ne rend-elle pas plus facilement compte des faits que nous venons de relever, ne cadre-telle pas beaucoup mieux avec les textes que nous avons cités ? Nous verrons dans la suite qu'en outre elle s'accommode fort bien du véritable caractère des Stromates euxmêmes, qu'elle en explique le plan si particulier, et que, grâce à elle, plusieurs des obscurités qui s'attachent à cet ouvrage se dissipent. S'il en est vraiment ainsi, ne sont-ce pas là des raisons suffisantes pour la recommander à l'attention de ceux qui se livrent à l'étude si ardue des écrits de Clément ' ?

Nous supposons donc cpie Clément n'a pas réussi à mener à bonne fin l'ouvrage aux proportions grandioses qu'il avait conçu et que le temps ou les forces lui ont nian(|ué pour écrire ce qui eût été la première dogmatique chrétienne. C'est à son élève Origène que cette tâche devait être réservée. jNIais au moins Clément a-t-il laissé quelques fragments de son Didascalos? En reste-t-il quelques vestiges? Peut-être subsiste-t-il encore quelques-

1. Nous essayons de déinoulicr coUc liypollièse au eliapitrc vi.

uns des matériaux qui devaient servir à cet écrit? Qui sait si, en fouillant le sol, on n'y trouverait pas encore quelques débris du majestueux fronton que le puissant ouvrier avait rêvé de poser sur l'édifice qu'il avait élevé avec tant de patience et de labeur?

Il reste de Clément trois groupes de fragments qui ont fait le tourment des critiques. Il y a d'abord un long fragment qui porte, dans le manuscrit que nous possédons, le titre de VHP livre des Stroniatcs. Nous avons ensuite des paragraphes détachés intitulés : Choix prophétiques. Il existe enfin une autre série de courts paragraphes, également indépendants les uns des autres, surmontés de Ten-tête énigmatique d'Extraits de Théodote. Les uns ont supposé que les Eclogae propheticae et les Excerpta Theodoti faisaient partie des Hypoty poses. M. Zahn estime que ces fragments ont été tirés du VIII" Stromate que Clément aurait achevé, et qu'il faut les réunir au fragment que nous en possédons *.

Ni Tune ni l'autre de ces hypothèses n'ont pu satisfaire M. von Arnim. Dans un travail fort remarquable, ce savant émet l'hypothèse que les Excerpta Theodoti, les Eclogae p/'opheticae^ et le fragment dit du VHP livre sont

1. M. Th. Zahn a mis en pleine lumière l'ôUloite parenté qui existe entre le fragment dit du VIII^ Stromate, les Eclogae et les Excerpta. Nous croyons que, sur ce point, sa démonstration est décisive. C'est sur elle que nous faisons reposer l'hypothèse que nous formulons dans notre texte. Ajoutons, pour compléter ce que nous disons ci-dessus de l'hypothèse de M. Zahn, qu'il suppose qu'un scribe possédant le VIII^ Stromate en entier, en a tiré le fragment qui nous a été conservé, et qu'il y a ajouté les Eclogae. Dans IV, Strom., 1, Clément promet, comme complément des Stromates, une "ExOsai; -ûv ypaçûv. Celle-ci a dû figurer dans le VHP Stromate, et le scribe en aurait tiré nos Eclogae.. Les Excerpta Theodoti auraient été également extraits de la même manière du VIII« Stromate. On avouera que cette hypothèse est un peu compliquée.

des extraits (|uc Clénieiil aurait faits crouvrages gnostiqiiesoii d'écrits de philosophes. Il les aurait accompagnés de brèves remarques (pi^il aurait en quchpie sorte ajoutées en marge. Ces extraits devaient servir aux travaux ultérieurs de Clément. M. von Arnim n'ose pas affirmer que cesmatériaux étaient exclusivement destinés au YIIP S/romate '. Quel que soit le jugement que la critique porte sur ringénieuse hypothèse du savant philologue, il n'en reste pas moins qu'elle fait sérieusement avancer la question. L'analyse que ^I. von Arnim a faite du VHP Stromate paraît mettre hors de doute le fait que l'on a dans ce fragment tout simplement des extraits d'écrits stoïciens et péripatéticiens. Extraits délivres gnostiques dans les Excerpta Theodoti et extraits de livres de philosophes dans le fragment du VHP Stromate^ est-ce beaucoup s'aventurer que de supposer que ce sont là les matériaux encore informes de cette troisième partie, toute consacrée aux discussions philosophiques et dogmatiques, que Clément n'a pu achever ? '^

1. J. von Arnim, De octavo démentis Stromateorum lihro, Rostok, 1894. Un autre savant, M. Ruben, avait déjà émis l'hypothèse que les Excerpta Theodoti étaient des extraits de livres gnostiques accompagnés de notes de la main de Clément. M . von Arnim a élargi l'hypothèse en l'appliquant aux Eclogae et au fragment du VIII* livre.

2. Ce qui autorise l'auteur à isoler ainsi de nos Stromates le fragment du VII1°, c'est que ce fragment n'a pas toujours fait partie du corps des Stromates. Photius a vu des manuscrits où il ne figurait pas et d'autres où le Qtiis dives le remplaçait. Voir Zahn ou Harnack.

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