‹ Clément d'AlexandrieChapitre 43 sur 149 · C'est l'opinion de M. Zalin, outrage cité, p. II3-ll'i · texte numérisé non relu

C'est l'opinion de M. Zalin, outrage cité, p. II3-ll'i

Du niiirlyre, IV, Strom., 8-110; du tcXeio; et de l'aptitude de tous à « philosopher », IV, Strom., 1 11-172; des ta IÇfjç r.zpl TiiiTEfoç xal r.ipl tou ÇrjTsTv, V. Strom., 1-26 ; du aj;j.6oXixôv eISo;, V, Strom., 27-88; que les Grecs ont dérobé leurs doctrines aux Hébreux, V, Strom., 89-1 'il.

de Clément. En réalité ces livres ne nous en donnent qu'un chapitre. C'est le chapitre des éléments. En effet, le Pédagogue, ne s'adressant qu'aux néophytes que vient de convertir le Protrepiiciis, ne peut leur prêcher qu'une morale tout élémentaire. Dès lors, comment cette morale serait-elle complète ? Nous ne l'aurons tout entière que dans les Stromates. En effet, ce n'est plus aux simples fidèles que s'adresse cet ouvrage. C'est à un petit nombre. C'est à une élite. Les lecteurs des Stromates devront être des chrétiens qui ont subi avec succès la discipline du Pédagogue ; ils se sont déjà exercés à la vie chrétienne ; ils sont candidats au christianisme gnostique. C'est à eux que Clément compte un jour communiquer ses plus hautes doctrines. Voilà les hommes pour lesquels a été écrit le chapitre de morale qui remplit le dernier tiers environ du IV^ Stromate. La discipline du Pédagogue ne peut plus leur suffire.

On n'en a jamais fini avec les précautions qu'il faut prendre pour ne pas se tromper sur la pensée et les intentions de notre auteur. Il est, comme Epictète, avec lequel il a tant d'analogies, foncièrement pédagogue, et il n'écrit rien qui n'ait une portée pédagogique. Son constant effort a été de façonner les âmes. Aussi lorsque nous appelons cette partie des Stromates un chapitre de morale, nous avertissons le lecteur qu'il n'y trouvera pas plus de tractation systématique de la morale que dans le Pédagogue. « Il s'agit, dit Clément, des exercices préparatoires de la discipline gnostique. » On nous fait ici la peinture de ce que doit être la vie morale du chrétien qui aspire à mériter le titre de gnostique \ C'est encore une exhortation. Ce sont

1. IV, Strom., 132 : Taiïta yvojaTi/.r;; àay.rj'jc'o; -poyjavâ'jiJLaTa. C'est le rfiiy.ôç Xo'yo;de IV, Strom., 1, et VI, 1.

LES STROMA.TES 105

des conseils qui s'adressent spécialement à ceux (|iii rêvent de s'élever au sommet du christianisme. C'est encore une discipline préparatoire (ju'ils doivent subir pour être tout à fait aptes à participer aux dernières initiations et à être admis aux « Grands Mystères ».

La plus grande partie du V^ Stromate consiste en ce que notre auteur appelle les « Symboles ». Il voit partout, dans les religions populaires, dans l'Ancien-Testament, chez les philosophes, des figures qui cachent de hautes vérités. C'est dans ces curieux chapitres qu'il faut chercher le secret et la justification de la méthode que Clément applique à l'Ecriture. On voit ici ce qu'il voulait faire de l'allégorie. Nulle part ailleurs, il ne trahit avec plus de sincérité ses origines intellectuelles. Le disciple de Philon se livre dans ces pages.

Les deux derniers Stromates déconcertent à première vue. Ils n'étaient pas prévus au programme. Clément ne les avait pas annoncés dans le plan qu'il s'était tracé au début du IV* livre. En effet, il déclare au commencement du VP Stromate que, dans les deux livres suivants, il va démontrer aux philosophes que son gnostique ou parfait chrétien est seul vraiment pieux. Dans toute la partie précédente des Stromates^ Clément ne voulait d'autres lecteurs que quelques chrétiens de choix. Il s'adresse maintenant à des païens. On s'attendait à le voir clore son livre pour aborder enfin la partie doctrinale et voici qu'il ouvre un nouveau sillon ' !

1. VI, Strom., 1 : '(} ùï 8fj sxtoç ôaoD' xaî 6 £65o[i.oç aTpwjxaTeyç

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