‹ Clément d'AlexandrieChapitre 44 sur 149 · poeiat SsîÇtDv xoîç cpiXoadçoiç, etc · texte numérisé non relu

poeiat SsîÇtDv xoîç cpiXoadçoiç, etc

VII, Strom.j 1 : ÈvapysaTÉpoiç ô' otjAai -&ô; tojç <ptXo70^ouç yp^aGai ~ooarjxst Toîç Xoyoi;.

VII, Stroni., 5'f : touti yàp 7,7 -poxs£|j.evov £-i5£tÇai toTç çiXoaoyoi;.

Ainsi c'est bien aux piiilosoplics qu'il s'adresse d'un bout à l'autre deccs deux livics.

lOG

Et cependant, ce n'est pas la première fois que noire catéchète manifeste l'intention de prêcher les philosophes. Au début du II® livre, il ébauche une sorte de plan encore très vague et très informe. Chose curieuse, à ce momentlà, c'était surtout aux Grecs et en particulier aux philosophes qu'il voulait s'adresser *. On pourrait croire, d'après ce qu'il dit dans cet endroit, que son livre sera une défense du christianisme et une réfutation de la philosophie. Il déclare, d'ailleurs, qu'il songe moins à confondre les philosophes qu'à les convertir. ^Nlais dès le chapitre suivant, il se voit contraint de discuter les rapports de la foi et de la gnose. On perd de vue les philosophes qu'il s'agissait d'amener à la vérité. Cependant Clément ne les oublie pas. Il rappelle son intention première dans le plan du IV® Stromate. Lorsqu'enfin il est quitte de toute cette partie du programme qui devait en précéder la réalisation, il reprend son idée et se décide à lui donner toute l'ampleur qu'elle comporte. De là les livres VI et VII.

Ces deux livres sont-ils donc un hors-d'œuvre? N'ontils d'autre rapport avec le reste des Stromates que celui que nous venons d'indiquer? X'ajoutent-ils rien d'essentiel aux idées que Clément a développées dans les livres précédents? N'en croyons rien. Notre auteur n'est pas aussi dépourvu de logique qu'on se plaît à le dire. Il y a un enchaînement d'idées entre ces deux livres et ceux qui les précèdent. Clément lui-même l'a assez clairement indiqué ^ Nous l'avons vu, dans les autres livres, il a

1. II. Strom., 2. Il rcfulera les attaques des Grecs, et, par la même occasion, il tâchera de gagner les Juifs, — TJY/pw[j.£vouç (fifJtàç) ypaçatç. C'est ce qu'il rappelle IV, Strom., 1 : fj r.ooç, -où; "EXÀr^va; zai f, rpôç tojç

lojoaîouç Twv YpacpôJv sV.Ôî'jiç. Dans le reste du passage de II, Strom., 2,

on voit qu'il s'agit des philosophes, oï yévaioi tûv çiÀoio^wv.

2. VI, Strom., § 1. En effet il indique nettement la différence entre cette peinture du gnostique qui se trouve dans la dernière partie du IV' Stro-

LES STnOMATES 107

longlUMnent dépeint le caractère moral de son gnostique. C'est ce qu'il rappelle au dél)nt du VI" Siromate. Mais il y a un côté du caractère gnosU((ue qu'il n'a guère touché. Tout au plus l'a-t-il eflleuré ici et là. C'est le coté proprement religieux. Quelle est la nature de sa piété ? Quelles sont ses relations avec Dieu? En quoi consistent sa dévotion et son culte? Voilà précisément le sujet qu'aborde maintenant notre auteur. Il ne le présente pas directement comme la suite de ce qui précède. 11 nous fera cette peinture avec l'idée de l'opposer aux peintures analogues du Sage des philosophes. En fait, c'est bien l'ensemble d'idées qui devait être exposé à ce moment-là, mais jeté dans une forme qui dissimule le lien logique qui le rattache à ce qui précède.

Malheureusement Clément n'a pas suivi son dessein avec assez de rigueur. C'est ainsi qu'une bonne partie du YP Stroinate est remplie de répétitions fatigantes. En outre, au lieu de dessiner nettement le portrait de son gnostique, il le fait indirectement, à l'aide des textes tirés des Ecritures. Le procédé lui est familier. 11 aime à exposer ses idées dans une série de passages dont le rapport les uns avec les autres est fort difïîcile à saisir. Rien ne contribue davantage à obscurcir sa pensée. C'est ainsi qu'il arrive à la fin du Vl^ livre sans être beaucoup plus avancé. Fort heureusement, il s'avise alors que les Grecs auront de la peine à le suivre '. 11 faut qu'il laisse de coté

viate et celle qu'il va maintenant nous faire. La première, c'est le TjOixôç Xô^oç qui est achevé : oipro^aaTSÙç Siaypâ'j/a; w; k'vi [jiix)a'j-:a tov TjOiy.ôv Xo'yov èv TOÛTOtç (livres précédents) nspaioûijLevov xal -apaaTr^aa? otti; av tXr\

xaià tÔv (îîov ô yvodiixo; La seconde, c'est In peinture do la ^lo'Ziiv.n

du gnostique. Voyez la suite, § 1.

1. Voyez la note 1 de la pag-o lOr) ol VII, Slroiu., l : 'iva af, oiaxo'-Twasv tÔ a'jvs/È; ToD' Xoyou auij.7:apaXaaÇâvovTe; Ta; ypa^ âç.

les textes sacrés. De là le Vil" Slromate qui est la partie la plus intéressante et la plus facile à lire de l'ouvrage entier. Des Stromates, nous ne possédons que les sept livres que nous venons d'analyser. Mais Clément n'avait pas encore terminé cet écrit dont il n'avait pas prévu les dimensions. 11 nous annonce d'autres Stromates et nous indique les matières qui en feront le sujet. C'est ainsi que son livre manque de conclusion. Nous verrons qu'il y a lieu de croire que la plume lui est tombée de la main. La mort a terrassé le vaillant ouvrier avant qu'il ait achevé son gfrand labeur !

Page 1