‹ Clément d'AlexandrieChapitre 55 sur 149 · LA QUESTION · texte numérisé non relu

LA QUESTION

philosophie le discrédit (|iii raceablait lui même. Jamais les s|iéonlalions des ^^^lentin et des Marcion n'avaient inspiré autant (relVroi. Le gnostieisme apparaissait alors dangereux au plus haut |)oint. Pendant longtemps on l'avait combattu, mais sans encore le redouter sérieusement. Ce temps n'était plus. Lorsqu'on lit Clément, Tertullien, Irénée, on dirait (pie le gnostieisme date de leur temps; on est tenté d'oublier qu'il compte déjà une cinquantaine d'années d'existence. Ce qui explique peutêtre ce lait surprenant que les doctrines gnostiqiies aient mis si longtemps à jeter l'alarme au sein de l'Eglise, c'est qu'au temps oîi elles faisaient leur première apparition, il y avait encore peu de gens, parmi les fidèles, (pii fussent capables de comprendre et de goûter la métaphysique de Basilide ou de Valentin ; mais à mesure que l'Eglise s'incorpore un plus grand nombre de néophytes instruits, le péril s'aggrave, un nombre croissant de personnes se laisse séduire par ces brillantes théories. Voilà comment il se fait que le péril gnostique atteignait, vers 190, son plus haut période et qu'il inspirait alors une terreur qui n'existait pas encore au temps de Justin. On comprend dans ces conditions que la philosophie d'où semblait dériver le gnostieisme soit devenue l'objet des plus fortes préventions.

D'autre part, le nombre des chrétiens cpii ne pouvaient se contenter des croyances qui avaient paru suffisantes jusquelà, et qui voulaient que leur christianisme conservât un caractère philosophicpie, augmentait sans cesse; en même temps, il fallait développer la propagande chrétienne parmi la jeunesse cultivée. H y avait là des besoins qu'il fallait satisfaire. Ainsi laiulis (|ue la philosophie semblait condamnée sans retour au sein de l'I^glise, des nécessités impérieuses ne permettaient |)as(|u'on la répudiât enlièi'cnuMil.

Telle était, dans ses grands traits, la situation intérieure du christianisme lorsque Clément entreprit dans ses Stromates la solution du délicat problème des rapports de la foi chrétienne et de la philosophie grecque. Lui-même d'ailleurs va nous fournir les indications historiques sur lesquelles nous fondons notre manière devoir.

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