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3. "Evioi 8i (xovr)v xaî «j/iXrjv ttjv ntoTiv à;îatToîîaiv . Pour le sens exact
de <{'tXoç, comparez Eus., //. E., VI , 17, où le «{«iXàç /piaxoç est le Christ dépouillé de métaphysique. Cf.//. JE., III, 27.
le chrétien échapperait-il à la même loi ? Ne sera-ce pas en s'enrichissant de tout ce qu'il y a de bon à recueillir chez les Grecs comme chez les Barbares, qu'il deviendra capable de chercher la vérité? C'est ainsi qu'il acquerra l'aptitude à distinguer le vrai du faux, l'artificiel du réel, la sophistique de la philosophie, la rhétorique de la dialectique. Comment parviendra-t-on à concevoir la puissance de Dieu si l'on ne s'exerce au maniement des idées ? Enfin n'est-il pas infiniment utile de connaître l'art de distinguer dans l'Ecriture les termes synonymes et d'en peser le sens ? N'avons-nous pas dans l'histoire du Seigneur luimême un exemple de l'avantage de la dialectique ? Ne confond-il pas, dans la Tentation, le Diable lui-même par l'art des doubles sens, et on prétend encore que le Diable est l'inventeur de la dialectique !
11 est douteux que Clément ait réussi à convaincre ses critiques. Pour cela, il aurait fallu que, de part et d'autre, on fût placé au même point de vue, c'est-à-dire que l'on conçût le christianisme de la même façon. Clément le faisait consister dans la contemplation de Dieu et dans la possession d'une gnose divine. Ce christianisme ne se laissait atteindre qu'après de laborieux efforts. Dans ces conditions la discipline de la culture grecque devenait indispensable. Pour la plupart des fidèles, le christianisme était chose plus simple. Ici-bas le pardon des péchés et ailleurs l'immortalité en constituaient l'essentiel. La nécessité d'une culture spéciale de l'intelligence ne leur apparaissait pas avec évidence. Ainsi le principe même sur lequel Clément faisait reposer toute son argumentation était justement ce qu'il aurait fallu d'abord établir. Il était sûr de convaincre tous ceux qui partageaient ses aspirations et qui rêvaient d'un christianisme plus élevé ou plus philosophique que celui de la masse, mais il ne