LES « SIMPLICIORKS ^> ET CLÉMENT
pouvait avoir de prise sur les simples fidèles, à supposer qu'ils Teussent compris.
Clément n'a-t-il donc que de l'admiration pour la culture grecque PLoin de là. Nul n'en connaît mieux les lacunes et les vices. Il les signale, quand il le faut, avec beaucoup de force. Il sait mieux que personne que l'enseignement des écoles développe la passion de la discussion pour elle-même. 11 fait prompte justice des disputeurs qui se complaisent dans des querelles de mots. Il y a plus d'une page dans les Stromates où ce vice radical de la culture et de l'esprit grecs est flétri avec une mordante ironie, une vérité d'observation et une richesse de langage qui rappellent Aristophane lui-même. '
Si les « simpliciores » voyaient d'un mauvais œil les études et l'éducation grecques, quelle devait être leur antipathie pour la philosophie ! On sait l'empire que celleci exerçait alors. Elle pénétrait partout. L'éducation, les mœurs, les lois, la littérature, le théâtre portaient l'empreinte de l'esprit philosophique. Ainsi il est vrai de dire qu'au temps de notre auteur la philosophie représentait le génie même de l'hellénisme et de la civilisation, comme l'avaient fait autrefois l'art et la poésie. Elle devait donc être antipathique au plus haut point à ces chrétiens qui voulaient s'enfermer dans la seule foi chrétienne. 11 va sans dire que les objections qu'on faisait à ceux qui, comme Clément, se permettaient d'étudier la philosophie, se réduisaient à peu de chose et n'avaient aucune valeur. Ecoutons Clément lui-même les exposer et les réfuter tout ensemble. « Je n'ignore pas, dit-il, ce que ressassent « en leur ignorance certaines gens timorés, à savoir qu'il « faut s'en tenir aux choses qui sont le plus nécessaires