‹ Clément d'AlexandrieChapitre 70 sur 149 · VI, Stroiti · texte numérisé non relu

VI, Stroiti

3. VI. Strom., 5'j : aocpîav TE/vixfjV irjv vx^npiav ra^sé/oj'jav twv ::£pl tÔv piov.

4. VI, Slroin., 55. DaiiB un passage (VI, Strom., 160), il dislinguc luimO-mc Ui's mltcim-iil sa notion de la philosophie de lit notion courante. Ce qu'il app(»lle philosophie, ce n'est pas toute la philosophie c'est ce qui, dans la philosopiiie, atteint la vérité, lô xatà cpiXoaoyîav STZiTcUXTiy.ov (aci.) xfi; àÀr/J;ia:.

5. Il, Stroiii . , 22 : OiiTov •/.i[J.r^Xow ô'.à Tp'jr:»j|i.ato; [îsXovr,; oiEXcJiîjOai fj T^Xo'jaiov !e'.Àoio:;ïîv.

terme de philosophie (oO.OTocpsw) est constamment employé comme synonyme de religion. « Notre philosophie », c'est le christianisme. La « philosophie selon les Hébreux », c'est la religion de l'Ancien Testament '. De là, cette affirmation qui paraît si étrange au premier abord, que tous, hommes et femmes, doivent être philosophes. » Celui qui pratique la vie chrétienne peut être philosophe, alors même qu'il serait illettré, fùt-il Grec ou barbare, esclave, vieillard, enfant ou femme ' ».

On le voit. Clément emploie ces termes dans un sens qui n'est plus celui qu'ils avaient dans la langue classique. Platon et Aristote auraient été déconcertés à la lecture des textes que nous venons de citer. Ce sont les mots dont ils se servaient, mais revêtus d'une signification toute nouvelle. Voilà une preuve pour ainsi dire matérielle, fournie par le langage même de notre auteur, qu'en effet il n'avait plus de la philosophie la conception classique.

Remarquons que dans ces conditions, le problème de l'association du christianisme et de la philosophie grecque se simplifiait singulièrement. 11 ne s'agit plus d'allier la foi nouvelle avec cette philosophie prise dans sa masse, telle que l'histoire l'avait faite. Il s'agit d'associer au christianisme la philosophie religieuse et morale de la Grèce; encore entend-on par cette philosophie déjà restreinte ce qu'elle avait de plus pur et de plus élevé. C'est une grande simplification du problème, soit; mais cette simplification n'est-elle pas arbitraire? Elle l'aurait été si Clément en avait été personnellement responsable. Il ne

1. VI, Strom., 108 : o'. (piXo'aoçoi tou Osou ; I, Stroj)i., 64 : f, zatà T6pa!ouç ç'.Xoaoç(a ; Yll, Strom., 98.

2. IV, Strom., 58 ; IV, Strom., 67 : «ptXoaocprJasi o te ohi-.-q; rt ts yuvr; ; IV, StJ'om., 62 : œiXouoflpTiTsov ouv Taî; yuvaiÇiv ItAçepû? toÎ; àvSpaai.

CE QUE CLÉMENT ENTENDAIT l'Ml PHILOSOPHIE 173

l'est iiiillomeiil. Tout le inonde entendait alors la philosophie à peu près dans le même sens. Au ii" siècle, celle-ci s'absorbe dans la théologie et la morale. Clément, on ne saurait trop y insister, n'innovait aucunement, ni dans l'idée qu'il avait de la philosophie, ni dans rem|)loi qu'il faisait des termes qui la désignaient. Son langage n'avait rien qui pût étonner ses lecteurs. Aussi est-ce sans arrièrepensée qu'il s'exprime comme il le fait. C'est ainsi que, grâce à la transformation que l'idée même de la philosophie avait subie, le problème de l'alliance du christianisme et de la philosophie cessait d'être insoluble. Ne nous étonnons pas que Clément en ait cherché la solution avec tant d'ardeur. Il avait raison. L'heure était venue d'associer ce que le génie de la Grèce avait produit de meilleur et ce que la Judée léguait au monde, avant de s'ensevelir à jamais dans le talmudisme. Ce n'était pas une chimère que poursuivait le grand catéchète.

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