‹ Clément d'AlexandrieChapitre 8 sur 149 · Do l'raosrriptionc Ifnorclicnrum. cli. xiii · texte numérisé non relu

Do l'raosrriptionc Ifnorclicnrum. cli. xiii

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avec les hérétiques, on veut les convaincre, à Rome on ne se contente pasde réfuter l'hérésie, de lui infliger de belles défaites sur le terrain de la discussion, on prend des mesures pour que ses coupssoient absolument inofl'ensifs, et même qu'ils ne parviennent pas jusqu'aux fidèles. On veut qu'ils soient hors de l'atteinte de l'adversaire. On s'arrange pour qu'il n'y ait pas même de contact entre les simples croyants et les hérésiarques. Entourer la Cité de Dieu de murailles infranchissables, c'est la manière la plus pratique et la plus efTicace de préserver l'héritage du Seigneur; c'était bien ainsi qu'on entendait repousser l'hérésie à Rome. Comparez en effet la polémique d'un Clément d'Alexandrie à celle d'un Irénée ou d'un TertuUien. Clément se borne exclusivement à réfuter l'hérésie ; en véritable Grec, il se fie à la parole, à la dialectique. Irénée et TertuUien ne se contentent pas d'amonceler contre les gnostiques de copieux arguments, mais, en hommes d'Eglise et de gouvernement qu'ils sont, ils prêchent aux fidèles le devoir de se tenir eux-mêmes entièrement éloignés des docteurs de l'erreur; Irénée leur prouve que, seules, les Eglises dont les évoques ont reçu, par transmission régulière et ininterrompue, le dépôt de la foi apostolique, sont en possession de la Vérité, Veut-on connaître la Vérité, on sait où la trouver. II n'est aucunement nécessaire de discuter avec les hérétiques, ni de prendre connaissance de leurs opinions. TertuUien reprend la même tactique, et avec un talent admirable, dans son De Praescnptione Haereticoriiiu., s'applique à inspirer au simple chrétien une prévention telle qu'il refusera de prêter l'oreille aux docteurs d'hérésie.

Voilà une attitude qui marque le véritable caractère de l'Eglise de Rome. Les grandes initiatives dans le domaine des idées ne viendront pas de cette Église. Conserver,

L Kr.LISE CIIRKTIENNE \ L\ FIN DU II SIECLE 15

organiser, gouverner, c'est là son génie, et, vers la fin du II" siècle, ce génie s'adirnie avec force. Jusqu'alors, les évèques de Rome avaient été moins distingués que ceux d'Asie. C'est ce qui explique en partie peut-être que, quoique très fortement organisée depuis longtemps, l'Eglise de Rome n'eut l'épiscopat monarchique qu'après l'Asie-Mineure. Vers la fin du règne de Commode apparaît un homme qui fut le premier des grands évêques de Rome. C'est Victor. En lui s'incarne le génie déjà hautain du christianisme romain. Son attitude dans la querelle pascale le montre bien. D'où vient que l'on mettait tant de passion dans une discussion dontl'objetsemble assez insignifiant? C'est que l'on sentait de part et d'autre que si l'on avait la même foi et que si l'on faisait partie du même faisceau, cependant on était chrétien de façon différente. D'un coté, c'est l'ardent christianisme de Phrygie et de Galatie, de l'autre, c'est le christianisme plus tempéré et essentiellement pratique d'Italie. Ils se sont sentis diflerents l'un de l'autre. Ne les confondons pas.

Mais le centre de gravité du christianisme va se déplacer. Pendant un siècle environ, il ne sera ni en Asie-Mineure, ni à Rome, il sera à Alexandrie et dans les contrées qui suivront l'impulsion du mouvement d'idées suscité par Clément et Origène. Les origines de l'Église d'Alexandrie se dérobent dans les ténèbres les plus profondes. Ce n'est qu'à la fin du ii" siècle qu'elle entre dans l'histoire. La première trace certaine que nous ayons de l'existence d'une Église chrétienne en Egypte se trouve dans une lettre des évè(|ues de Palestine écrite pendant la controverse quarto-décimane et conservée par Eusèbe '. On voit aussi planer dans une sorte de pénombre, vers l'an 180,

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