‹ Clément d'AlexandrieChapitre 82 sur 149 · V, Slfoin.. 10; I, Stioni., 9'i · texte numérisé non relu

V, Slfoin.. 10; I, Stioni., 9'i

4. I, Slidiii., 87 : là Ô£ (ôdyjjLaia) xaî èÇeupo'vxs:. YI, Slrom., 55.

188 CLÉMENT d'aLEXANDIIIE

sage curieux et remarquable, il émet l'idée qu'il y a partout répandue, notamment au sein de l'humanité, une intelligence universelle (cppôvrio-iç). Cette sorte de raison, immanente dans les choses, revèl les formes les plus diverses. A chacun de ses avatars successifs, elle reçoit une nouvelle appellation. Tantôt, elle s'applique aux causes premières et alors elle se nomme intuition, vôy,?',;. Tantôt, elle s'eflorce de démontrer dialectiquement les intuitions de la yôr^T'.q ; elle s'appelle alors la yvwo-.ç ou I'Ètî'.t- Tr^ixTi. Elle s'appelle -rJ.y-z'.^ lorsque, demeurant dans la sphère de la piété, elle se contente de croire au Verbe et de maintenir la pratique des œuvres qu'il prescrit. Ailleurs, elle se manifeste sous la forme de l'intelligence qui produit les arts et métiers ; on la nomme alors Tiyvr,, etc. \

Ainsi les sages de la Grèce auraient participé à la raison divine répandue dans les choses dans une mesure sufïisante pour atteindre une partie de la vérité. Justin Martyr avait déjà dit quelque chose de semblable. 11 concevait le Verbe divin comme pénétrant partout et suscitant tout ce qu'il y a d'excellent sur la terre. Nos deux philosophes chrétiens ont emprunté cette idée aux stoïciens. Ceux-ci enseignaient que la divinité pénétrait et s'infiltrait en toute chose. Sûrement Clément s'est emparé de cette idée avec un sentiment de satisfaction. Nous avons vu qu'il avait de la peine à admettre que la philosophie ne vînt de Dieu que par voie d'intermédiaires. C'est sans doute le même sentiment qui le pousse à accueillir l'idée qu'elle émanait de la raison divine éparse dans l'Univers et constamment active dans les âmes.

Telles sont les voies diverses par lesquelles la vérité est

1. YI, Sti'oni.^ 154, 155. Voyez aussi I, Strom., 26 : s/oj'J'. jj-Îv ti ov/.tXo'/ cpyaîw; tÔûoiia, etc.

m: L\ PHILOSOPHIE GRECQUE DANS LE PASSE 189

parvoiuio iiis(|iriiiix philosophes. Clément nous laisse choisir, liraiil avouer (pTil aurait eu (juehjue peine à concilier toutes ces explications dont la plupart ne sont pas originales. yV-t-il lui-même remarqué (|u'elles sont contradictoires? C'est douteux. Au Tond, dans toute cette (juestion de l'origine de la philosophie, l'essentiel pour lui était qu'on accordât qu'elle dérivait de Dieu. C'est de lui qu'elle avait reçu l'étincelle d'où elle avait jailli *. Voilà ce que Clément ne cesse de répéter. Expliquez comme vous voudrez les voies et moyens dont Dieu a fait usage pour donner aux Grecs une portion de la Vérité ; tout ce que je demande, semble-t-il dire, c'est qu'on reconnaisse que, par tout un côté, la philosophie est vraie, quelle dérive donc de Dieu et qu'elle n'a surgi que par suite d'une dispensation providentielle.

C'est si bien sa véritable pensée que lui, qui accueille si volontiers des explications aussi diverses que celles que nous venons de mentionner, a constamment repoussé celle qui était généralement reçue par les chrétiens. Parmi les fidèles il était entendu que le Diable était l'inventeur de la philosophie et qu'elle était un habile déguisement de l'erreur, propre à tromper les âmes. Voilà une expli(\ation que Clément n'a jamais admise, et c'est avec indignation qu'il repousse l'idée de l'origine satanique de la philosophie -.

Ainsi, en théorie du moins, notre auteur met la philosophie grecque bien au-dessous du christianisme. Ce n'est même (pi'avec beaucoup d'hésitation qu'il la place sur le même niveau (|ue la Loi et l'Ancien Testament. Elle n'a

1. Pvotropt., l'i : tl yàp.... ÈvaûiaaTâ Tiva toj Xoyoy toiji Oéioj Àaorjvtcç "EX?>rjVê;. etc. V, Stroni., 29 : la pliilosopliio, c'esl la luèclir qu on allniiio en drrobanl an soleil uno clinroUo : VI, Stroin., I'i9, 157.

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