‹ Clément d'AlexandrieChapitre 87 sur 149 · I, Strom., 177 tout entier · texte numérisé non relu

I, Strom., 177 tout entier

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tionnoo par Arislote et Chrysi|)|)e? Quelle arme roriiii- (lal)le iiV'lait-elle pas devenue l()i's(|ii'iiii Antioclius ou un (]arnéade la maniait ! Aussi (juand il soni^e à la dialectique, doux impressions contraires doniinenl ('lément. Dune part, elle lui a|)parait comme le seul levier capable de porter l'àme sur les hauteurs oii siège Dieu et, d'au Ire part, il voit en elle l'instrument le j)lus perlide de mensonges et de sophismes. Ce qui demeure gravé dans son esprit, c'est le sentiment de la puissance de la dialectique et, ])ar consé(juent, de sa nécessité.

Clément éprouvait en face de la philosophie à peu près ce que chacun de nous ressent en face de la science. Sans doute celle-(M' est trop diflerente de celle-là pour (jue les situations soient les mêmes. Il y a cependant analogie. Celui qui a une fois bien compris la force et la portée de cette méthode scientifique, laquelle n'a cessé de se perfectionner depuis Descartes, en demeure frappé. La dialectique inspirait à Clément le même sentiment. Trop clairvoyant pour s'en tenir à une admiration aveugle, il n'en restait pas moins ébloui.

Quels services attendait-il de la dialectique PElle apprend tout d'abord, dit-il, à discerner le vrai du l'aux. « La |)1hlosophie grecque ne rend pas la Vérité plus puissante, mais elle paralyse les efforts de la sophistique '. » — « La philosophie, » entendons la dialectique, « c'est la serpette qui permet de démêler les branches enchevêtrées, de couper les sarments gourmands, de détruire les ronces ». Ainsi elle protège la pensée du chrétien contre les pièges de la fausse sagesse. Elle est comme la haie (pii j)réserve la vigne. « La dialectique, c'est le mur grâce

1. I, Strom . , 100; 33 : toÎ; tî aJ 5i' à-xTrjV û;:oTp£/ojaiv f,;j.îv u-oTîtJiTEiv ojx ci.

auquel la vérité n'est pas foulée aux pieds par les sophistes '. »

Un autre service de même nature que rend la dialectique, c'est d'apprendre à distinguer avec précision les choses et les idées; on s'exerce ainsi au maniement des vorixà, on s'élève dans le monde intelligible ^ u Le gnos- « tique, dit-il, ou le chrétien parfait fera usage de la « dialectique. 11 s'appliquera, avec elle, à distinguer les « espèces des genres ; il la suivra dans l'efl'ort de dépouiller « les choses jusqu'à ce qu'elle parvienne aux essences « simples et premières ^ »

La dialectique aiguise l'esprit et le rend plus pénétrant. Affiné par elle, il s'élève à l'intelligence des symboles contenus dans les Ecritures; l'allégorie n'a plus de secrets pour lui *.

Voici un passage qui résume bien le point de vue de Clément : (( Une démonstration faite selon les règles de la « logique implante, dans l'âme de celui qui sait la suivre, « une créance précise, de sorte qu'il ne saurait imagi- « ner que ce qui est démontré fût autrement et, en outre, « elle ne nous laisse pas tomber dans les pièges des so- « phistes. Elle purifie l'âme des choses sensibles et l'ex- « cite jusqu'à ce qu'elle parvienne à percevoir la vérité. ^ » Les textes que l'on vient de parcourir font voir assez

1. I, Sfroin., 100; VI, St/'om., 81 : o-.o'j Ûp'.yjcoç yap Icjti oiaÀ£y,Tiy.r| w; [jlt] xa-ra-a-îîaOai xpô; twv aocpiatwv xfjV àXifiSsiav ; I, Stiom., ch. x.

2. I, Strom., 177 : auTT) yàp xto ovxi t] oiaÀey.Tiy.T] cppdvir)'jîç èiii t.-coX xà Vor)Tà, BtaipïxixT) Ixâaxoj xwv ovxtov à.\x'.y.~'j)î, x£ xat sîXixpivio?, xoù GTïozcitAÉvou Ssixxixirf

3. VI, Strom., 80, U'aduction libre d'une phrase dont le texte paraît incertain. Voyez le chapitre x tout entier du VP Stromatc .

4. VI, Strom., 82 : f, StaaxoÀT) 8È xûv ôvoijLâxwv xôiv x£ 7:paYu.àxo:)V xàiv xaîî Ypatpaîj aùxaîç (J-^ya cpûî èvxtxxsi xaî; ij^u/aîç.

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