‹ Clément d'AlexandrieChapitre 88 sur 149 · I., Strom · texte numérisé non relu

I., Strom

DU llùl.E DE I.\ PHILOSOPHIE DANS LE PRESENT 19?

rlairemont que ce que Clément demande avant tout à la philosophie, c'est sa méthode. Il lui envie sa puissante dialectique. Il comprend qu'elle constitue une incomparable discipline de l'esprit. Il ne voudrait pas que le christianisme n'en eût pas le bénéfice. « Si, d'une part, s'écrie- « t-il, nous déclarons qu'il est possible d'être croyant, « alors même qu'on fût illettré, d'autre part, nous recon- « naissons qu'il est impossible, sans science, de com- (( prendre tout le contenu de la foi '. »

Partout il fait assez bon marché des enseignements de la philosophie; tout ce qu'il lui accorde, c'est de posséder quelques parcelles de la Vérité. Mais ce qu'il ne peut lui dénier, ce qui excite sa plus vive admiration, ce sont ses règles de pensée, sa force de raisonnement, et enfin ce génie de la spéculation qui n'appartenait qu'à elle. Préparer l'esprit à accueillir la Vérité, le rendre apte à la saisir et à la contempler, voilà le service que la philosophie peut rendre, et voilà la principale raison pour laquelle on doit la cultiver. Comme il ne cesse de le répéter, la philosophie est l'auxiliaire de la Sagesse divine ^ Telle est sa fonction. Il ne faut pas l'oublier. 11 faut se garder de lui donner la première place dans ses préoccupations et dans ses études. La philosophie, une fois son œuvre d'éducation achevée, ne doit plus être pour le gnostique véritable qu'une sorte de délassement *.

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