‹ Clément d'AlexandrieChapitre 94 sur 149 · L\ FOI ET L\ GNOSE · texte numérisé non relu

L\ FOI ET L\ GNOSE

Il y a, dans le P('(/(/^<)i;n(\ un chapitre curieux (|ui met en pleine évidence la portée que Clément attribuait à la foi. C'est le sixième '. L'Ecriture appelle les croyants des entants. Les gnostiques en concluaient que les simples fidèles sont des mineurs. Au-dessus d'eux sont les élus, ceux qui possèdent la gnose. Ceux-ci sont les parfaits. Le simple fidèle cs\psi/c/u'qi/e, le gnostique est pneumatique. Il y a parmi les chrétiens comme deux races! Rien ne pouvait être plus contraire au vrai christianisme qu'une telle prétention. Clément la combat avec une vigueur qui prouve qu'il avait pleine conscience de l'incompatibilité du principe gnostique avec le principe chrétien.

La simple foi n'exclut pas la perfection, \n contraire. « Dès que nous sommes régénérés par le baptême, nous « recevons le parfait, objet de nos efforts. Dans le bap- « tème, nous recevons la connaissance de Dieu. Or, celui « qui connaît Dieu ne peut être imparfait, il ne peut lui (' manquer rien d'essentiel. Car (ju 'est-ce qui peut man- « quer à qui connaît Dieu ? D'ailleurs, Dieu qui est parfait, « n'accorde que des choses parfaites. Ainsi croire simple- « ment et être régénéré, c'est avoir la perfection et la vie. « On est dans la lumière. Le baptême a pour effet de dis- « siper les péchés qui nous plongent dans les ténèbres et « de rendre à notre œil spirituel la faculté de voir Dieu. »

Naturellement, ajoute Clément, celte perfection n'est encore que virtuelle! « Elle ne sera effectivement réelle « cju'à la résurrection des croyants. Nous croyons donc que « nous sommes parfaits autant que cela est possible en ce « monde ^ Donc, conclut Clément, il n'est pas vrai (pie les

1. Voir noU-c analyse du Pédagogue à la page 77. Nous complétons ici et nous commentons ce que nous n'avons fait qu'indiquer dans l'analyse.

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