‹ Clément d'AlexandrieChapitre 95 sur 149 · Pacdag · texte numérisé non relu

Pacdag

206 CLÉMENT d'aLEÎlANDRIE

« uns soient (les gnostiqiies et les autres des psychiques en (( Jésus-Christ, c'est-à-dire dans le même Verbe, mais « tous, en se dépouillant des désirs charnels, sont égaux « et pneumatiques aux yeux du Seigneur '. Ce qui consti- « tue la perfection, c'est de renoncer aux péchés et de « croire en Celui qui est seul parfait ". »

Traduisons la pensée de notre auteur. Tout est en germe dans la foi du simple néophyte. Elle contient virtuellement les formes les plus élevées du christianisme. Elle est en puissance la gnose la plus haute. Voilà pourquoi on peut dire d'elle qu'elle est parfaite et que celui qui la possède est parfait aussi bien que le gnostique. D'où vient que la simple foi possède une telle valeur? De ce qu'elle accompagne la rénovation morale qui s'accomplit dans le baptême. Dépouillé de ses péchés, le néophyte appartient à une race d'hommes entièrement nouvelle. Ce qui lui donne cette prérogative sur les autres hommes, ce n'est pas la supériorité de sa gnose, c'est sa régénération par les eaux du baptême. Il n'est pas encore tout ce qu'il sera ; il n'est pas parfait comme le Christ; il n'est qu'un simple fidèle, mais il est sur la voie de la perfection. Ainsi Clément se sépare et des gnostiques et des « simpliciores » : des premiers, en soutenant que la simple foi contient virtuellement la gnose la plus transcendante, des « simpliciores », en laissant entendre que la simple foi n'est pas un terme, mais un commencement.

Du passage que nous venons d'analyser et de commenter, il ressort que la gnose, bien loin d'être radicalement différente de la foi, n'en est, en quelque sorte, que l'épa-

Page 1