‹ Clément d'AlexandrieChapitre 11 sur 226 · LIVRE I. VJ · texte numérisé non relu

LIVRE I. VJ

ment du ue siècle, sous Adrien, Quadratus, disciple des apôtres et évêque d'Athènes ; Aristide, philosophe athénien, qui embrassa la foi chrétienne sans quitter le manteau de sa première profession ;sousMarc-Aurèle, Méliton, évêque de Sarcles; Claude Apollinaire d'Hiéraple, et Mil— tiade ; enfin, Justin, martyr et philosophe, Tatien, son disciple, Athénagore, Théophile d'Antioche et Hermias, dont les apologies sont parvenues jusqu'à nous. Après les actes de ses martyrs, l'Église n'a rien dont elle puisse plus justement s'enorgueillir que ces admirables monuments où la foi, la charité et le plus intrépide courage s'unissent à la raison, à l'érudition la plus immense et à l'éloquence la plus entraînante, pour plaider la cause des premiers chrétiens devant le tribunal des Césars. A peine éclairés par la lumière de l'Évangile, ils ne craignirent pas d'en prendre la défense, de répondre à l'appel de la science grecque, aux préjugés du passé, aux accusations d'une politique ombrageuse et violente. Comme il n'existait pas pour les chrétiens et les païens d'autorité communément reconnue, les apologistes descendirent résolument sur le terrain d'où partaient les agressions, et, à l'aide de la dialectique dont ils connaissaient tous les secrets, ils montrèrent l'accord de leur foi avec la saine philosophie, firent justice des absurdités du paganisme, mirent à nu ses odieux mystères, et forcèrent leurs adversaires à rougir de cette civilisation dont ils étaient si fiers.

Dès ce moment, la philosophie se trouva engagée dans les controverses religieuses-, la science grecque pouvait offrir des secours ou opposer des obstacles à la propagation de l'Évangile, les chrétiens n'y demeurèrent plus indifférents ; ils s'en emparèrent et s'en servirent comme d'une arme devenue nécessaire pour repousser les attaques

de leurs ennemis. Cette nécessité devint d'autant plus pressante, que les philosophes avaient trouvé, dans leur lutte contre l'Église naissante, des auxiliaires redoutables parmi des hommes qui se disaient chrétiens. Nous voulons parler des Gnostiques.

Page 1