‹ Clément d'AlexandrieChapitre 111 sur 226 · LIVRE IV. -2-l · texte numérisé non relu

LIVRE IV. -2-l

« failement ce qui est à craindre et ne l'est pas, il sait « aussi ce qu'il faut l'aire et omettre. . . Celui-là est l'homme « bon par excellence qui, par l'habitude ou la disposition « d'une âme vertueuse, libre de toute perturbation, s'élève u au-dessus de cette vie sujette au trouble des passions. « Tout lui est moyen pour atteindre sa fin. Ce qu'on appelle « les revers de la fortune ne lui sont pas à craindre, parce « qu'ils ne sont pas le mal ; quant aux choses vraiment « à craindre, elles sont étrangères au gnostique, parce r qu'elles sont diamétralement opposées à ce qui est bon, « étant mauvaises ; et il ne se peut faire que le bien et le « mal se rencontrent en même temps dans un même cœur. « Celui qui remplit sans reproche le rôle que Dieu lui a « donné à remplir dans la vie connaît clone ce qu'il doit « faire et supporter. . . Voilà pourquoi le gnostique seul est « plein de confiance , puisqu'il connaît les vrais biens « dans le présent et l'avenir en même temps que les choses « qui ne sont pas véritablement redoutables. Sachant, en « effet, que le mal est notre seul ennemi et seul peut être « nuisible à ceux qui aspirent à la gnose, il lui fait la « guerre avec les armes qu'il tient du Seigneur...

« Celui dont le courage n'est pas guidé par la raison ne « saurait être notre gnostique. Il n'a pas le vrai courage. . . « L'homme vraiment courageux est celui qui, se trouvant, « par exemple, entraîné dans le péril par la fureur popu- « lahe, l'affronte avec intrépidité. Ce qui le distingue des « autres que l'on décore du nom de martyrs, c'est que « C3iix-ci recherchent d'eux-mêmes l'occasion et se préci- « pitent de leur propre mouvement dans le danger, tandis « que le gnostique , après avoir évité raisonnablement le « péril, dès que Dieu l'y appelle, répond avec promptitude « et allégresse, se montre ainsi fidèle à sn vocation eu ce

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o qu'il n'a rien présumé de lui-même, cl prouve qu'il u possède le vrai et raisonnable courage, le courage des

« hommes vraiment forts...

« C'est par sa charité envers Dieu que le gnoslique dc- « vient homme parfait... La charité, fortifiant son athlète « par l'onction de sa grâce et l'exercice de ses œuvres, « bannit du cœur la crainte et la terreur et y établit la « confiance dans le Seigneur; la justice, de son côté, lui « met, pour toute sa vie, la vérité sur les lèvres...

« L'amitié trouve sa perfection dans la ressemblance. « puisque la communauté a pour lien l'unité. Aussi legnos- « tique, aimant Celui qui est le seul vrai Dieu, devient, par « cet amour, homme vraiment parfait, l'ami et le fils « adoptif de Dieu...

« Conformément à la loi divine, il ne méprise point son « frère né du môme père et de la même mère ; il vient au « secours de l'affligé par ses consolations, ses encourage- « ments et ses aumônes; il donne à tous ceux qui ont « besoin, mais avec discernement; il n'exclut pas de ses « bienfaits, s'il est dans l'indigence, celui (fui le hait et 1«' « persécute et s'inquiète peu qu'on attribue à un motif de « crainte ce qu'il fait par un sentiment de charité, Coince ment supposer que ceux qui n'épargnent pas leur arg « pour secourir leurs ennemis ne montreront pas une « charité plus grande encore envers leurs amis et leurs « proches? Par l'exercice de la bienfaisance, le gnostique « acquiert la science parfaite de donner à chacun dans la « mesure et de la manière qu'il doit donner. Mais com- « ment peut-on être, avec justice, l'ennemi d'un homme « qui jamais ne fournit à personne un prétexte de le haïr?.. . « Quant à lui, il ne sera jamais, en aucune Façon, l'en- « iiemi de personne, quoiqu'il puisse avoir des ennemis..,

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