LIVRE IV
« pure, il est toujours prêt à quitter la vie, car il passe « comme un voyageur et un exilé au milieu des héritages « d'ici-bas, et n'attache sa pensée et son cœur qu'à l'héri- « tage que Dieu lui destine. Ainsi il regarde comme lui « étant étrangers tous les biens terrestres, et non-seule- « ment il admire les préceptes du Seigneur, mais à la lu- « mière seule de la gnose qu'il possède il sait quelle est la « volonté divine, il est véritablement l'ami de Dieu et de « ses commandements; il en est l'élu parce qu'il est juste, « et il en reçoit le pouvoir de commander et de régner « parce qu'il est gnostique. Il méprise donc tout ce qu'il « y a d'or sur la terre et dans les entrailles de la terre, et « tous les royaumes qui s'étendent d'une extrémité à l'autre « de l'Océan, car il n'a qu'une volonté, servir Dieu et ne « servir que lui seul. Voilà pourquoi, soit qu'il mange ou « qu'il boive, soit qu'il se marie si. le Verbe le lui prescrit, « soit qu'il ait des songes pendant son sommeil, toutes « ses actions comme ses pensées sont saintes. Étant tou- « jours pur, rien ne l'empêche jamais de prier...
« Le gnostique agit, non par crainte, mais par amour, « et c'est à lui que s'adressent ces paroles du Seigneur : « Je ne vous appelle plus mes serviteurs, mais mes amis; « c'est donc avec confiance qu'il adresse à Dieu ses prié- « res. Or la prière du gnostique est toujours une action de « grâces pour les bienfaits passés, présents et futurs, les- « quels sont déjà présents par la foi et reç.iis par la gnose. « Il demande aussi de vivre dans sa chair mortelle, en vrai « gnostique , comme un pur esprit, d'obtenir les biens « suprêmes et d'éviter les véritables maux. 11 demande « aussi le pardon de nos fautes et notre conversion à la « gnose.... Il comprend parfaitement la parole évangéli- « que qui dit de haïr son père, sa mère, son âme elle-
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a même, et de porter sa croix. Car il hait les affections de
« la chair, si puissantes par leurs attraits voluptueux, et « méprise courageusement les jouissances attachées h la « nourriture et à la génération des corps. 11 combal de « même cette partie inférieure de l'âme, qui méconnaît la « raison, et la force de recevoir le joug qu'elle rejette, « suivant cette parole de l'Apôtre : La chair convoite con- « tre l'esprit. Porter la croix, c'est arborer l'étendard de
« la mort, c'est-à-dire renoncer vivant à toutes choses
« Parvenu à l 'habitude de la bienfaisance , le gnostique « fait le bien avec la promptitude de la pensée ; il demande « de participer, pour les confesser et les expier, aux pé- « chés de ses frères, afin d'en obtenir la conversion, tou- « jours prêt à partager ses propres biens avec ses meil- « leurs amis. De leur côté, ses amis sont animés envers « lui des mêmes sentiments. Développant sans relâche, « par la culture qu'a prescrite le Seigneur, les semences « déposées dans son âme, il pratique la continence, et, « quoique retenu encore dans les liens de cette vie mor- « telle, il habite en esprit avec ses semblables, parmi les « chœurs des saints. Occupé nuit et jour à répéter et à ac- « complir les préceptes du Seigneur, il surabonde d'une « joie céleste, non-seuiement le matin, quand il se lève, et « au milieu du jour, mais encore pendant ses prome- « nades, son sommeil, sa toilette, les leçons qu'il donne « à son fils, si un fils lui est né; toujours il demeure uni « à Dieu par l'observation des commandements, par l'es- « pérance et par la louange...
« .Jamais il ne garde le souvenir (Tune injure, mais il c pardonne à ceux qui l'ont ollensé. de sorte qu'il prie de « vavwy et de bouche, quand il dit : Pardotmes+nous « coiinnr nous pàrdbMtonê nous-mêmes. (\'r>\. en elïet.