‹ Clément d'AlexandrieChapitre 13 sur 226 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

sacrée leur doctrine sur la création du monde par un autre que Dieu, et sur leurs éons et toutes les bizarreries de leur système. Il fallut bien les suivre sur ce terrain , défendre le canon des Ecritures qu'ils mutilaient , répondre à leurs interprétations mystiques et arbitraires, venger la tradition apostolique, démontrer en un mot que la foi catholique méprisée et défigurée par les Gnostiques était réellement conforme à l'enseignement de Jésus-Christ, tandis que la prétendue science de ces novateurs reposait sur un tout autre fondement, avait une origine toute différente, et était aussi contraire à la révélation chrétienne qu'à la saine raison. On employa pour défendre l'Église les armes dont les hérétiques se servaient pour l'attaquer, et on vint à son secours non-seulement par des discours familiers, mais par des écrits destinés à une plus grande publicité. « Dans ce temps-là, dit Eusèbe *, un très-grand nombre de chrétiens ayant pris la défense de la foi et de la doctrine apostolique par de savants discours, quelques-uns publièrent ces apologies afin de laisser à la postérité un préservatif contre l'erreur. De ce nombre est Agrippa Castor, écrivain fort renommé de cette époque, qui a réfuté avec beaucoup de force et de lumière les erreurs de Basilides et mis au jour les mystères ridicules de sa doctrine dans un ouvrage que nous possédons. » D'après Théodoret 2 , le même écrivain aurait réfuté Isidore, fils de Basilides, dans un second écrit qui non plus que le premier n'est pas parvenu jusqu'à nous. Castor Agrippa vivait sous l'empereur Adrien. Sous le règne de Marc-Aurèle, nous trouvons au nombre des dé-

Valentin, Héracléon, son disciple, firent paraître un commentaire sur saint Jean, cité par Clément et Origène; Isidore commenta le prophète Parchor. (Eus. Hist. eccl., lib. IV, c. 7, p. 97.)

1 Hist. eccl., lib. IV, c. 7, p. 97.

- Hxret. fahida. lib. I, C. 4.

fenseurs de la foi contre les Gnostiques ud homme qui

plus tard devint lui-même un hérésiarque célèbre. Bardesanes, au témoignage deNicéphore, écrivit un livre contre Marcion, et cinq autres ouvrages contre autant de Gnostiques dont les noms nous sont inconnus l. Saint Justin le Philosophe tourna aussi contre Marcion 2 et tous les hérétiques de son temps 3 la science et le courage qui en firent l'un des adversaires les plus redoutables du paganisme. Enfin nous trouvons parmi les nombreux défenseurs de l'orthodoxie contre les Gnostiques du ne siècle : saint Théophile d'Antioche 4, Musanus3, Miltiade, que Tertullien appelle le Sophiste des Eglises à cause de sa grande éloquence et de la profondeur de sa doctrine 6 ; Modeste 7, Rhodon, d'abord disciple de Tatien , puis son adversaire et celui du marcionite Apelle 8 ; Maxime , qui publia un traité sur l'origine du mal9, et Apollonius d'Hiéraple ,0. Tous ces ouvrages, qui auraient pu nous fournir des documents si précieux sur les sectes gnostiques, furent peu à peu négligés et sont aujourd'hui entièrement perdus. Le livre de saint lrénée contre les hérétiques est le seul qui ait échappé au naufrage. Cependant grâce, à ce sa van I ouvrage du saint évêque de Lyon et aux indications que nous trouvons dans Clément d'Alexandrie, l'on peut se faire une

1 Voyez la thèse de M. l'abbé Lavigerie sur Hégeuppe.

2 lien., Adv. hœres. IV, 14; V. 20.— Hier. Cat. script, eccl., e. 13.

3 11 Apologie.

* Euseb. Hist. ecd. IV, 24, p. 118.

*Id. ibid., IV, 28, p. 128. — Théodoret lui donne le titre de défenttvr île la vérité. Hœret. fab . c.21.

6 Tertul., Adv. Valent., c. 5.— Cf. Eus., Hist. ecd., lib. V, c. 17.

7 Id. ibid. c. 21.

8 Eus. Hist. eccl., lib. V, c. 13, p. 143 sq . — Hier. Cat ., C 37.

9 Eus. Hist. eccl.,\. 27, p. 158: Maximus sub Commoà x osrofamosam ÙUXStionem insigni volumine ventilant, itiuie malum et guod moteria a Deofactasit. Bier. Cat., c. 17.)

»" Eus. Hist. <•<•<•/., Ht). V, c. 19, p. 151.— Apollonius écrivit contre le* Montanistei et les Cataphrygiens.

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