‹ Clément d'AlexandrieChapitre 131 sur 226 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

La Gnose et le Stoïcisme. — Traits de ressemblance.

A la perfection de la connaissance s'unit et correspond, dans le vrai gnostique, la perfection de la vertu. Aussi bien que la connaissance, la vertu chrétienne a son fondement et son point de départ dans la foi, La foi n'est pas seulement une opération de l'intelligence, c'est aussi un acte de la volonté, le premier acte d'obéissance. De même que l'intelligence, la volonté se dépouille d'elle-même, d'abord en faisant pénitence par la crainte ; puis, portant des fruits dans la charité, elle prend la forme de la volonté divine ; la vie devient l'expression de la connaissance qui en inspire et en règle tous les actes, et le vrai gnostique s'établit ainsi dans la souveraine perfection, qui consiste à reproduire en lui la vérité théorique et pratique de Jésus-Christ. Cette vertu ne se borne pas à tel ou tel acte en particulier; elle est habituelle au gnostique (ev ïlu) : de telle façon, dit Mœhler 1, que tout l'ensemble do ses actions devient un développement suivi et non interrompu du principe spirituel, et s'élève jusqu'à une pureté vraiment divine, qui lui fait faire le bien, non plus par crainte ni par l'espoir des récompenses, mais, comme Dieu lui-même, par le seul amour du bien 2.

i Pair., t. I. p. 61.

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