LIVRE IV
comme il nous le dit lui-même, l'avait cherché sans succès dans les idées et dans l'histoire, dans l'intelligence et dans le cœur du monde païen. Le monde païen lui avait offert de grands penseurs, de grands philosophes, de grands artistes, de grands poètes, de grands capitaines : mais la vraie grandeur humaine, mais la perfection morale, mais la sainteté, le monde païen en ignorait jusqu'au nom î Loin donc d'emprunter aux systèmes philosophiques et à la morale païenne l'idée de son gnostique, le saint prêtre d'Alexandrie appelait les païens au christianisme, au nom d'une perfection morale dont l'idéal et la réalité ne se rencontraient que dans le christianisme. L'on peut dire que tous ses écrits n'ont pas d'autre dessein que la démonstration scientifique de cette vérité, à savoir que le christianisme est divin, parce qu'il donne à l'homme, en Jésus- Christ et par Jésus-Christ, l'idéal'de la perfection et le moyen efficace et infaillible d'y atteindre. Cet idéal, il le prend tout entier dans l'Évangile ; et si parfois il en rapproche les traits qui s'y rapportent et qui se trouvent épars dans les écrits des philosophes, c'est pour montrer que l'âme humaine est naturellement chrétienne, suivant le mot de Tertullien, et que le Verbe qui a créé le monde avant de le réparer, ne l'a abandonné dans aucun temps, et lui a donné, à toutes les époques, des témoignages de lui-même.
Du reste, cette grave question des emprunts faits par Clément aux doctrines des philosophes ne peut être résolue d'une manière complète, qu'après ce qui nous reste à dire sur les principes générateurs de la gnose, ou, ce qui revient au même, sur les rapports de la foi et de la raison dans la science chrétienne.
Cet examen sera l'objet du livre suivant.