LIVRE V
sédons aujourd'hui sons le titre de : Adumbrationes in Epistolas catholicas soient la traduction même publiée par Cassiodore. C'est le sentiment de Mœlher1, de dom Le Nourry2 et de plusieurs autres critiques. D'autre part, il est douteux que les Eclaircissements, traduits par Cassiodore, appartiennent véritablement à Clément d'Alexandrie. Cassiodore est le seul qui parle d'un traité particulier du docteur alexandrin sur les Epîtres catholiques. Il est vrai que Clément, dans ses Hypotyposes, avait commenté les Epîtres catholiques et même les Epîtres deutéro-canoniques, et l'on peut conjecturer d'après cela, avec vraisemblance, comme l'ont fait Potter 3 et Fabricius4, que l'écrit de Cassiodore pourrait bien être un extrait de cet ouvrage. Mais il reste toujours la question de savoir si cet ouvrage dont il nous reste à peine quelques fragments 5 n'était pas, à l'époque où le traduisit Cassiodore, déjà interpolé et falsifié, comme il le fut certainement plus tard. Sans révoquer en doute la sincérité de cet écrivain ecclésiastique, on ne peut donc tirer de son témoignage aucune preuve solide contre la doctrine de Clément d'Alexandrie.
Le jugement de Photius sur l'ouvrage des Hypoty poses, invoqué par Benoît XIV, est-il plus décisif que celui de Cassiodore sur les Eclaircissements? Nous ne le pensons pas.
Selon Photius, les Hypotyposes ou Institutions de Clément sont remplies d'erreurs, dont les unes étaient propres aux Gnostiques, et les autres ont été professées par Origène. « Bien qu'en quelques parties de cet ouvrage, dit-il, « l'auteur paraisse tenir la saine doctrine, ailleurs il en-
1 Patrologie, t. Ier, p. 39 de la traduction française.
2 Apparatus adBibl. max. Patrum., t. Ier, p. 1319 sq.
3 Clam. Alex. Op., p. 1006, not.
* Bibl. grœc, lib. V. Apud Potter, p. 1014.
S Doehne, De Fvômt, p. 71 : Vice tantum fortuna nobis reliquit, ut quantum amiserimus rite xxtttmare j^ossimrts.
« seigne les plus grandes impiétés et les plus monstrueuses « erreurs. Car il affirme que la matière est éternelle et « suppose que les idées sont produites par certains décrets. « Il met aussi le Fils au nombre des choses créées. Il ente seigne de plus la métempsycose et l'existence fabuleuse « de plusieurs mondes préadamites. 11 nous représente « Eve formée d'Adam, non pas suivant le récit de la Ge- « nèse, mais d'une manière aussi honteuse qu'impie. Il « imagine que les anges se sont unis aux femmes et en « ont eu des enfants. Mais ce qui est plus grave, le Verbe, « selon lui, ne s'est pas fait chair, mais en a pris seule- « ment la ressemblance. On trouve aussi dans cet ouvrage « l'invention de deux Verbes, dont le moindre aurait ap- « paru aux hommes, ou plutôt un autre Verbe encore, car « voici comment il s'exprime : Le Fils est appelé Verbe « univoquement avec le Verbe du Père. Mais ce Verbe n'est « pas celui qui s'est fait chair , et ce n'est pas non plus le « Verbe du Père, c'est une certaine puissance de Dieu, « comme émanée du Verbe lui-même , qui, devenue esprit, « se répand dans lésâmes des hommes. Toutes ces erreurs, « l'auteur s'efforce de les établir sur des textes de l'Écrite ture sainte. 11 y a, en outre, mille autres puérilités blas- « phématoires répandues dans cet ouvrage, soit par Clé- « ment, soit par un autre qui en a pris le nom ; à ce point « qu'il a rempli huit livres de ces blasphèmes impies, « tantôt sous forme de raisonnement, tantôt en alléguant « quelques centons des Écritures avec la confusion d'un « homme qui a perdu la raison *. »
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