‹ Clément d'AlexandrieChapitre 220 sur 226 · LIVRE y · texte numérisé non relu

LIVRE y

Il est difficile d'être plus clair et plus explicite que ne Test ici Photius dans les accusations qu'il élève contre l'auteur dos. II ypoty poses. On voit qu'il a lu l'ouvrage dont il parle, qu'il l'a jugé par lui-même et en a noté toutes les erreurs. Mais la nature même de ces erreurs, leur nombre, leur gravité, aussi bien que la précision avec laquelle Photius les a relevées et définies, sont autant de motifs qui non-seulement permettent de conjecturer mais autorisent à affirmer que le patriarche de Constantin ople n'a eu certainement sous les yeux qu'un exemplaire interpolé ou falsifié de l'ouvrage de Clément.

Et d'abord c'est une chose digne de remarque, que nonseulement Eusèbe et saint Jérôme, qui, eux aussi, avaient lu et analysé les Hypotyposes avant Photius, non-seulement ne parlent point de ces erreurs, mais au contraire rendent le témoignage le plus favorable à l'orthodoxie de cet ouvrage1. Comment n'auraient-ils pas vu ce qu'a découvert Photius, ou comment auraient-ils pu le voir et garder le silence? Dira-t-on avec le P. Petau, cité par Benoît XIV2, qu'Eusèbe, favorable à l'arianisme, est par là même suspect dans le jugement qu'il a porté de Clément? Mais, outre qu'il y a autre chose que l'arianisme dans les erreurs relevées par Photius, saint Jérôme, qui partage l'admiration

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1 Eiaiv ci èiTtysypa/tévoi ùnorunûssùiv ctùrov ~kôyoc èv ol$ ovopuavi wj ôiày.T/,v.- Xou to7j HoivTxiVou f/.vr,/J.ovévst, i/.ooyy.ç, rê oI-jtov ypû&av, xy.i Ttapctâôuziç h/xiOip.zvîj. (Euseb., Hist. eccl.j lib. VI, cap.xin. — Cf. lib. XIV.) — Feruntur ejus insignia volumma, plenaque eruditionis eteloquentix, tam de Scripturia divinis, quam de sxcula/ris litteraturx instrumenta, e quibus illa sunt Iscpoparûç libri octo bnoruizùsseav libri octo. Hier., De Script, écoles., § 42.)

î Bull, t. VI, p. 120.

4fiO CLÉMENT D'ALEXANDRIE.

d'Eusèbe pour le docteur alexandrin, n'était pas arien. Les

autres Pères de l'Église, qui tous ne peuvent se lasser de vanter son érudition et qui sont muets sur ces prétendues erreurs, n'étaient pas non plus livrés à l'arianisme. Enfin, et c'est là un argument sans réplique, les erreurs qui lui sont reprochées dans les Hypolyposes', telles que la pluralité des Verbes, le docétisme, la création du Fils dans le temps, l'éternité de la matière, etc. , sont formellement réfutées par Clément clans le Pédagogue et dans les S tr ornâtes. Photius en a fait lui-même la remarque : aussi n'est-il pas éloigné de la pensée que l'exemplaire des Hypolyposes qu'il avait sous les yeux aurait été falsifié par les hérétiques l. »

Rufin ne croit pas qu'on en puisse douter. Il n'hésite pas à déclarer que les Hypotyposes de Clément ont eu le même sort que la plupart des ouvrages de son disciple Origène : « Clément, prêtre d'Alexandrie, dit-il, et docteur de cette « Église, enseigne dans presque tous ses ouvrages que les « personnes de la Trinité ont une seule et même gloire, « une seule et même éternité ; et cependant nous trouvons « dans ses livres certains chapitres où le Fils de Dieu es! « dit créature. Est-il croyable qu'un si grand homme, si « catholique, si érudit, ait enseigné le pour et le contre, « ou écrit sur Dieu des choses qu'il serait impie, je ne dis « pas de croire, mais simplement d'écouter -? »

Cette œuvre de falsification accomplie par des mains hérétiques s'explique d'autant mieux, que la méthode adoptée par Clément d'Alexandrie s'y prêtait davantage.

1 Photius, Bibl. I. I.

s Clemens, Alexandrinus presbyter, et magister illius Ecelesi», in omnibus pêne libris suis Trinitatis gloriam, atque mtemitatem imam eamdemque désignât, et interdum invenimus aliqua in libris ejus capitula in quibus Fuium D<t creaturam dicit. Numquid credioile est de tanto oiroj tam in omnibus catholico, fani erudito, ut vel sibt contraria senserit, vel ta qus </<■ ])<>' non dicatn credere, sed vel audire quidem impium rsl . scripta reliquerit ' Kuf., Lift. rf< idult. libror. Orig., t. I, p. 494.

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