‹ Clément d'AlexandrieChapitre 30 sur 226 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

ment ne désigne que par le lieu de leur naissance. D'après les conjectures de Baronius *, ces illustres et saints personnages seraient saint Denis de Corinthe, saint Théophile d'Antioche, Bardesanes et saint Théophile de Césarée. Valois substitue aux deux derniers Tatien et Théodote -. Ouant au dernier indiqué, on croit généralement qu'il s'agit de saint Pantène, et il n'y a guère moyen d'en douter après le témoignage formel d'Eusèbe 3. Saint Pantène fut ce maître préféré, qui l'emportait sur tous les autres par la puissance de la parole (dwapeî itpmmi), et que Clément décore du nom d'abeille sicilienne, comme les Grecs, dans leur admiration pour Xénophon, l'avaient appelé l'abeille attique.

Pantène, digne maître d'un tel disciple, était né peutêtre en Sicile, de parents païens, et avait adopté clans sa jeunesse la doctrine du Portique 4. Mais ayant reçu les premiers enseignements du christianisme d'un disciple des apôtres 3, il quitta l'école de Zenon pour celle de Jésus- Christ, et vécut longtemps dans la retraite, livré à l'étude et à la méditation des saints livres. Il y puisa un zèle ardent pour la propagation de l'Évangile, qu'il prêcha dans les contrées de l'Orient et jusque dans l'Inde ou Arabie orientale 6. Après de nombreux et glorieux travaux, il fut appelé par Julien, évoque d'Alexandrie, à présider et à diriger

i Ann. eccl., adannum CLXXXV, p. 244. Anvers, 1600.

2 Annotât, inlib. V Histor . eccl. Eusebii, p. 85. Paris, 1678.

3 Hist. eccl, lib. V, c. n, p. 142.

* '\-b 'fàïzipo'j âyoprjç twv xy^ouy.ev&v Sto'c'xwv bpfàvfts'^o;. (Eus., Hist., lib.V, c. x, p. 142.1 Pantœnus stoicœ sectœ philosophas. — Hier. Cat., c. 36. — Philippe de Side le dit pythagoricien ; mais son témoignage est ici peu digne de foi. V. Guerike : De schola quœ Alexandrie floruit catecli.. t. I, p. 4. Hallis Saxonum (1824).

5 n«VTa!vov bï {fs-si) ~oyj tî ~oùi ànosTÔkovç éùiaaxôru-J âxcov.Gua&su. CPhot. Bib. Cod., 118, p. 297. Rhotomagi, 1653.)

* Fais., Hist. eccl, lib. V, c. x, p. 142. Cf. Guerike, t. c.

l'école des catéchèses de cette ville, au commencement du

règne de Commode, vers l'an 181 de Jésus-Christ.

Cette institution célèbre, fondée, dit-on, par saint Marc. disciple de saint Pierre, dans le but d'enseigner le catéchisme aux enfants et aux catéchumènes1, acquit à la fin du second siècle une importance considérable. Alexandrie était devenue à cette époque, comme on l'a répété si souvent, le siège principal de la science et de l'érudition grecque et barbare. Un musée fondé par Ptolémée Lagus, agrandi par ses successeurs et plus tard par l'empereur Tibère, y existait aux frais de l'État. Là étaient enseignées toutes les connaissances humaines , et la jeunesse avide d'instruction y accourait de toutes les provinces de l'empire comme à une autre Athènes, pour achever son éducation littéraire et scientifique. De cette cité, où elle siégeait comme au centre de son empire, la philosophie étendait sa domination sur la Grèce, l'Orient et l'Occident, et animait de son esprit toutes les écoles répandues dans les vastes provinces du monde romain2. Cet état de choses, qui pouvait retarder le progrès du Christian isme, lui fui au contraire très-avantageux, par la louable émulation qu'il excita dans les chrétiens. Les évoques comprirent que l'enseignement élémentaire de la doctrine chrétienne ne pouvait plus suffire ni pour prémunir les fidèles contre les savantes erreurs répandues autour d"eu\. ni pour attirer, préparer et gagner à la foi les païens bien élevés. L'on y joignit donc d'abord un cours raisonné du christianisme, puis peu à peu renseignement général des arts et des sciences philosophiques. L'explication des

« Kus., lli.t. ecel, lib. V, c. \. p. 1 18. Cf. Guerike, p. 19, L9. ? (T. J.-.M. Prat, Histoire île l'éclectisme alexandrin. Pai

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