LIVRE H
Voilà pourquoi l'Écriture dit1 que l'homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Il est en effet l'image de la raison royale et divine par l'intelligence déposée au fond de son être et par là naturellement raisonnable -. »
Notre âme a donc une origine céleste ; son Auteur y a imprimé comme le cachet de lui-même, vérité, dit ailleurs Clément qui n'a point échappé atix recherches de la philosophie grecque. « Les platoniciens ont appelé la raison un « écoulement de la volonté divine 3. Cette doctrine est con- « forme à ce qu'avait dit Platon lui-même, que la raison « est une immanalion divine qui force les hommes, même « malgré eux, à confesser un Dieu unique, sans commence cernent et sans fin, habitant par de là les cieux dans la « contemplation de lui-même, essentiellement être, tou- « jours être et mesure de la vérité des existences 4. » — « Ce quelque chose de divin qui fait comme le fonds de « notre âme, Pythagore l'a reconnu aussi bien que Platon « et Aristote. Xénocrate va jusqu'à ne pas désespérer d'une « certaine perception de Dieu dans les animaux dépourvus « de raisonnement ; et Démocrife, s'il veut s'accorder « avec lui-même, est bien forcé de s'accorder sur ce point « avec les autres. Car attribuant je ne sais quelles repré- « sentations de l'essence à la brute elle-même, comment « refuserait-il une notion innée de Dieu à l'homme que la « Genèse nous représente animé, à sa naissance, du souffle
1 Genèse, 1, 26.
2 Cohort. ad Grœc, p. 78 : O' vowg b |v à*ôpoyftta, b x.«t' sltova ro;j (jîiv xxt /.y.-' b/JLoioiviv olv. roîiTO ysysvrjïSou \-yo;j.vJOç, tvj /.utù xcçpoictv apoviquet rw O-to) KpoetyjxÇàp.e* v§ç ïôyoi /.y.ï rai/Tv} Aoyuàç. Clément distingue ailleurs entre l'image et la ressemblance : l'homme est l'image de Dieu par sa nature; il lui devient semblable par sa vertu.
3 Noûv pkv sv <yjyr\ dziuç p.oipaç, i>-àp'poiy.v vizàpy/j-J-y.. Slrom. V, 13, p. 698.
4 Coll. ad Gent., p. 59 sq. : EvioruxTyi tis ù.r.oppoiv. 6-u/j, ou à*) %&piv xm
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« divin et formé d'une essence plus pure que les autn -
« créatures 1 ? »
Toile est, d'après Clément, la nature de la première faculté de l'âme. Elle est en nous comme une empreinte créée, comme un cachet de Dieu. L'illustre Alexandrin en conclut que pour ne pas reconnaître Dieu, l'homme doit méconnaître sa propre nature, sortir en quelque façon de lui-même et détourner les yeux de ce qu'il porte au fond de son âme pour les jeter sur les créatures2, quitter l'Etre pour ce qui n'est pas 3. « Il faut donc, ajoute-t-il, que cece lui dont l'œil spirituel a été obscurci par une mauvaise « éducation ou une fausse doctrine ait recours à sa, lumière « propre, à cette vérité intérieure qui révèle dans les écrits « ce qui n'y est pas exprimé \ »
Entrant plus avant dans l'analyse de la raison pure, Clément indique avec une profondeur que n'ont point dépassée les psychologues modernes, les données de cette faculté, son objet et la manière dont elle l'atteint. « Le « nous, dit-il, est par sa nature la première de nos facul- « tés; mais la sensation est pour nous et relativement i\ « nous la première en exercice. La science se compose c essentiellement du nous et de la sensation, » ou, en d'autres termes, des id'Vs de raison pure el des données expérimentales \
1 Strom. V, 13, p. C08 : ïlo/ùoZ y: Cd èé/toipo-j eîvui Ouy.ç ivvotoç rèv y y-: /.y.l zo'j è/JLfVT/iyxTOç h t/j ytvéast /urretXaocly yy-Ayi/py-ry.'. xafa/EOTC/ea» ',*■;<■;.: r.'j.cù. zi>. viJy. Zoï. t/îTOCff^wV.
*Cohort. adGent., p. 80.
3 Ibid., p. 81 : ïlpôvoia ii Tic Tïtpï hf*&$ xarapcUvsrat SuvùfUbtS BeUfiç" Afi O'JOtV vï/o r, to'jzo oy.'y'ioyîv;, OTl XpX OVtMg flàvoi tatl Tî /.'A ùoimptC* rftl»
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'* Strom . /, 1 , p. 321: Otw^é AmApSkuTou /.y/}, tjmstj, t£ /Ai iliumiatkia ~b -?,; i^y~..~ ■/, r.r/oc ~b ohtslov '^ôii /Sa^tÇs'rw, srrtryjv b&vj9*(av, r»v ir//p<kp&i zy àfypttpgi Cr)Aïiev. Remarquons en passant combien Clément est opposé SU système ira ditionnaliste, qui place dans le langage et L'enseignement la source unique «le toute vérité.
• Strom, /, 1, p, 435 : ♦u»rel fiiv, npGtroç i voïtç, fyuïv A /.Ai-. ■
ix C: y.'ï'ïi.zi'ji: /y) ?','., voXt, Àz?,; - rjvizzy-y Ojalot,