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rieur et surnaturel. Il n'est pas fidéiste. Est-il traditionaliste? Pas davantage. Il ne réduit pas la foi naturelle à quelque chose de purement extérieur, à Y autorité d' autrui.
11 déclare, au contraire, que la parole extérieure, que l'enseignement du dehors présuppose nécessairement, pour être intelligible, pour être accepté, Y anticipation de la pensée, sans laquelle, dit-il, Ton ne peut pas apprendre, parce que Ton ne peut pas entendre \
La foi à laquelle Clément attribue un rôle si important dans l'ordre de nos connaissances n'est donc ni la foi théologique, ni même, à proprement parler, la foi humaine dans le sens restreint et purement extérieur que lui a donné l'école traditionaliste. Qu'est- elle donc? quel rang occupe-t-elle parmi nos facultés naturelles? Comment s'en distingue-t-elle et quels sont ses rapports avec la foi surnaturelle dont elle partage le nom?
Il ne serait pas facile de résoudre ces questions si nous n'avions pour connaître la pensée de Clément que les passages où il interprète contre ses adversaires les définitions de la foi données par Épicure et Aristote. Ces définitions, en effet, semblent absorber nos autres facultés dans la foi, en n'assignant à celle-ci aucun objet spécial et en lui abandonnant le souverain domaine sur toutes nos connaissances. Mais la pensée de notre auteur n'est pas là tout entière. Ailleurs il définit les caractères propres de la Pistis et détermine plus clairement quel est son objet spécial.
Dans son Exhortation, Clément fait de la foi la base du sens moral, ce quelque chose d'inné qui dicte à l'homme, spontanément et avant toute recherche, ce qu'il doit faire
' Strom. II, 4. p. 437 : Ta fe xy.r«/<5j««, uyvsïvaî |çtiv.,i nj /a}^ jj.v.O/^zrc/.t zc; i/.-j-.j ttîztîvç 1--.1 ;jr,'JT. yy-.'j ~ po),r/lî'>)ç .
et qui grave dans son cœur le sentiment d'un maître, d'un législateur et d'un juge 1. Ailleurs il définit la foi : «Un « bien intérieur, un sentiment du cœur qui confesse Dieu « sans l'avoir cherché, et le glorifie comme Etre réel 2. » Son objet spécial est doue le bien. Elle y tend, comme le nous au vrai, comme le logos au beau. Quant à Dieu, elle s'élève jusqu'à lui aussi bien que les deux autres facultés : mais elle le considère sous un autre aspect. Elle se le représente non plus comme le Dieu Vérité, comme l'Etre immuable, éternel, infini, type parfait de l'image gravée au fond de L'âme humaine, non plus comme le Dieu Beauté, comme Fauteur et le conservateur de l'harmonie de ce monde visible et en particulier oie ce monde en raccourci qui est l'homme ; mais comme le Dieu Providence, auteur et conservateur du monde moral, sous l'aspect d'un guide (fun médecin, d'un père, comme le souverain Bien, source de la véritable félicité et seul terme digne de la vertu. Ces! là, selon Clément, le Dieu inconnu auquel les Athéniens avaient élevé un autel \
Distincte du nous et du logos par son objet spécial, la foi en diffère aussi par la manière dont elle l'appréhende. Le nous procède par intuition (è'^aciç) , le logés par raisonnement et démonstration (dtxyzeu;) , la pistis par sentiment (mplf&aiç). « Toutes les créatures* dit Clément, « vertu d ! leur nature et sans le secours d'auVune étude, « on) en elles-mêmes comme un sentimeni du Père et du « Créateur de toutes choses... Dans la grande famille hu- « maiae, qui se divise en C>vcc< et barbares, pas une peu-
1 ' //':■> ,v;v fy/â$, c5 y.vÙpo)tTot, ulr^l nsp\ - InàytiOxi ij.yy- jyj. «£fd;tys«4)v, nlorw, y.urâdsv, o'uodsv, ~i;. . -<-:'.. . Cohort. ad (icnl., p. 77.
- Strom. VII , 1", |». 864 : nûrt,- /
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Strom. /. 18, p. 372.