‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 102 sur 145 · I.IVRK IV · texte numérisé non relu

I.IVRK IV

la rfconi|)onsp (Ip la vpiiu qui en est la perl'ecfion. et r’est relle-là où con.siste la béatitude e.ssentielle ^ »

Bossuet interprétait dans le même sens ce que Clément dit de l’espérance et de la crainte, et en tirait la conclusion que ce Père n’exclut ni la crainte, ni l’espérance de l’état de perfection en tant qu’elles ont Dieu pour objet Fénelon n’admettait ni cette manière d’entendre les trois états des justes, ni cette interprétation de la doctrine de Clément d’.\lexandrie. Après avoir remarqué avec tous les théologiens que l’amour de Dieu est habituel et dominant dans les étals des justes, Fénelon faisait consister leur différence en ce que, dans le premier, l’amour est encore mélangé d’un reste de crainte et de servilité ; dans le second, d’un reste de mercenarilé ou de propriété, en sorte que le désintéressement parfait ne se trouve que dans le Imisième état. C’est donc, selon l’immortel archevêque de Cambrai, le désintéressement dans l’amour qui est le caractère distinctif de la perfection. Le désintéreasement des parfaits exclut la mercenarilé ou la propriété des imparfaits. Or, il y a deux espèces de propriété qu’il faut soigneusement distinguer.

La première est l’orgueil, c’est-à-dire un amour naturel de notre propre excellence, sans aucune subordination à notre fin essentielle, qui est la gloire de Dieu. Cette propriété est toujours un péché plus ou moins grave, suivant qu’elle est plus ou moins volontaire.

la seconde espèce de propriété n’est point un péché mémo véniel, mais seulement une imperfection, par comparaison à quelque chose de plus parfait ; c’est un amour naturel de notre propre excellence, avec subordination à

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notre fin essentielle, qui est la gloire de Dieu. L'ànie, dat cette disposition, vent, il est vrai, les vertus ; elle lesytsi principalement pour la gloire de Dieu ; mais elle les \«k! en même temps par un amour naturel de sa propre evcd- Icnce et de son bien particulier. Ces vertus intéressées sai! bonnes et méritoires puisqu’elles sont rapportées à Dieu, auteur de la grâce, comme fin principale ; mais elles wn! moins parfaites que les vertus exercées par le motif tum Itirel de la plus grande gloire de Dieu, sans aucun mélaop; du motif de l’interét propre ou de Vamour naturel de noit mêmes.

D’après cette notion de la propriété ou mercenarite (te justes imparfaits, le désintéressement dos parfaits n'est autn chose que l’exclusion de V intérêt propre ou de l'aoiar naturel de nous-mêmes, dans la pratique des vertus et dacî ta recherche des biens surnaturels. Ce désintéresseDoeoi n’exclut donc pas l’espérance. Les plus parfaits peuvent <1 doivent désirer, espérer et demander, en tout état, leur salut éternel. Mais tandis que les justes mercenairt» opèrent tout à la fois leur salut par le motif surnaturel et principal de la plus grande gloire de Dieu et par le motif naturel et secondaire de leur intérêt propre ; les justes désintére»^ n’e.spèrent et ne désirent habituellement leur salut que par le motif surnaturel de la volonté et de la plus grande glûir» de Dieu.

On voit par là que ce serait une erreur grossière tk regarder les parfaits ou les désintéressés comme étranger^ à eux-mêmes et comme cessant de désirer leur bonheur. Ils s’aiment évidemment, puisqu’ils se souhaitent à euvmêmes une béatitude surnaturelle ; mais, au lieu que b justes mercenaires s’aiment tout à la fois d’un amour surnaturel et d’un amour naturel, le ju.ste désintéressé m ■s’aini'’

UVKE IV.

lus qiio (l’un amour surnaturel et ne souhaite son bonheur ue par pure conformité à la volonté de Dieu h Fénelon prétendait, contre Bo.ssuet, que cette explication e la mercenarüé et des états de perfection était non-seulelent établie sur la notion de ta charité, mais conforme à i doctrine des Piu’es. Il invoquait en particulier l’autorité e Clément d’Ale.vandric : « Saint Ciénicnt d’Alexandrie, disait-il, le jncnnier qui ait parlé des trois états des justes, appelle mercenaires , non-seulcmcnt ceux qui servent Dieu par un attachement vicieux aux récompenses étrangères à la béatitude surnaturelle, mais ceux même qui le servent pur Y espérance des biens de l’incorruptibilité ■

Sur ce point de fait il nous paraît certain que l’archeèque de Cambrai a mieux compris et interprété le docteur lexandrin que son grand adversaire. Malgré l’autorité de lossuet, noms pensons que Clément (-xclut en efl’et l’intéit, au sens de Fimelon, de la perfection gnostique. Il suffit, our s'en convaincre, de se rappeler ici quchiues-uns des la-ssages oii le savant prêtre d’Alexandrie parle du motif e la vertu consommée. Nous avons vu dans un texte cité lus haut que, d’après Clément, ce qui distinguait legnosque du fidèle ou le parfait de l’imparfait, c'était le motif e leurs vertus, intéressé dans l'un , désintéressé dans autre. « Les parfaits, dit-il, ne .se proposent d’autre fin de la vertu qu’ils pratiquent que de plaire à Dieu.... Les enfants dans la foi ou les imparfaits .se proposent, au ! contraire, dans les soulTrances qu’ils .supportent, cer-

* flilf. Üft. de Fénelon. — Analuse delà controverse du Uuiélisme, art. IV,

* Strom. IV^ 6, p. 576 : of é't ot» T'iv ^OxotC>‘j i'îsvji; ot^^utjot «vrexst-

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Instrrtct. f>aat. de Fénelon, du 1.5 sept. 165*7.

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