LIVRE I
çy^t&jî), et Valentin la Piirabondance du germe divin ( îr/jw£|t5£v oTte'pfMtToç) . La connaissance dans le fidèle de Basilides et dans le gnostique de Valentin est supérieure, complète, parce que l’élément spirituel abonde en lui et domine l’élément matériel. Le mode de cette connaissance supérieure n’est pas le raisonnement et la démonstration ; par son objet comme par sa nature, elle s’élève au-dessus des procédés de la dialectique et n’a que faire des déductions lentes et incertaines de la philosophie. La voie qu’elle suit est beaucoup plus courte et plus simple; c’est l’intuition qui prend directement possession du monde divin insaisissable à la perception sensible. C’est la raison qui détermine Basilides h. donner le nom de foi à cette connaissance. Valentin préféra l’appeler gnose ou science, non pour faire entendre qu’elle s’acquérait par les procédés scientifiques de la raison, mais pour la distinguer de la foi vulgaire et commune que produisait dans les hommes psychiques la lettre de rKvangile et les miracles de .Jésus. Enfin les Valentiniens faisaient dériver comme les Basilidiens de la perfection de la nature, non-seulement la Connaissance, mais encore la sainteté et le salut.
Ainsi entre la foi de Basilides et la gnose de Valentin il n’y a d’autre différence que celle du nom. C’est de part et d’autre un mysticisme panthéistique que l’on peut définir: la connaissance de Dieu par Dieu s’accomplissant dans l’hnmme sans le secours de sa raison et produisant une sainteté indépendante des déterminations de sa volonté •. Sous ce rapport le gnosticisme n’avait rien de commun
^ Fichte, Scheiling et Hegel faisant consister la religion dans la con* uutance de Tidentité essentielle de Thomme arec Dieu, se rapprochent êndeoinent de la manl^re de voir des (rnostiques. CVst aussi le fond det idées de la jeune école franro-aliemande dont M. Renan s’est fait t‘hef parmi nous.
)i CLKMENT D'ALEXANDRIE.
avec le christianisme; c’était un système dans le goût du temps. Mais ce mysticisme exalté avait un caractère particulier qui le distingue de la Ihéurgie d’Apollonius de Tyane et de la théosophic de Philon et de Plotin.
Les Gnosliquesse disaient chrétiens et se rattachaient en effet au christianisme par leur croyance à Jésus, l’éon révélateur et sauveur. Non-seulement ils se disaient chrétiens, mais ils prétendaient même être les seuls véritables disciples de Jésus-Christ. Ils avaient à justifier cette prétention et à démontrer la conformité de leur doctrine fantastique avec l’enseignement du .Sauveur. Ils ne reculèrent pas devant cette difficile tâche. Aux catholiques qui leur opposaient l’enseignement contenu dans l’ficrilure et la tradition ecclésiastique, les Gnostiques répondirent par une distinction qui équivalait à une négation absolue.
D’un côté, ils admirent en principe que la doctrine du Sauveur était contenue dans la sainte Écriture et la tradition ; mais ils se réservèrent, d’un autre côté, comme les hérétiques de tous les temps, le droit de déterminer, de leur propre autorité , quelle était la véritable tradition, l’Écriture vraiment divine et le sens qu’on devait donner à la parole de Dieu. Or, outre la tradition commune, exotérique, de l’Église, il y avait, disaient-ils, une tradition mystérieuse, ésotérique, tradition qu’ils tenaient de quelques apôtres plus capables que les autres de comprendre le véritable cn.seignement de leur maître L La tradition commune, la lettre de la sainte Écriture produisaient la foi, partage des natures psychiques; la tradition secrète, le sens allégorique caché .sous l’enveloppe des mot.s et des faits, met-
^ Dnsiluieti se (lisait disciple de (ilaiicias, iotcrprèfc de saint Pierre, et Valentin prétendait tenir sa docit ine de TheuHas, disciple de saint Paul. tHfrnm. VU. 11, p. WW.)