‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 114 sur 145 · I.IVRK V · texte numérisé non relu

I.IVRK V

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qui s’y sont dignoment pr<^par«'s ot clioirhont avor anJour la sfionre de la vérité *. »

Si telle était la vraie doctrine de Clément, il est évident que la pensée philosophique deviendrait en dernier ressort juge du sens des Écritures, et que, sous ce rapport du moins, la gnose du docteur alexandrin toucherait d’assez prêt à la Gnose des hérétiques et à l’examen privé du protestantisme. Mais ici encore on prête à Clément une contradiction dans laquelle il n’est pas tombé. Pour le prouver, il nous faut exposer avec quelques détails ses principes sur l’interprétation de rÉcriture sainte.

Nous avons deux moyens de connaître les principes de Glément touchant l’interprétation des livres sacrés, !i savoir les erreurs qu’il signale, et les régies qu’il établit en cette matière.

Or nous voyons d’abord qu’il s’élève avec force contre ceux qui donnent à la parole divine un sens charnel m.m; vooîivreî rxç ypx(fxç) , c’est-îi-dire un sens inconciliable avec la nature spirituelle de Dieu. Il paraît que quelques catholiques n’étaient pas assez prémunis contre cette aberration juive. Car voici en quels termes s’exprimait notre savant docteur :

« Nous ne cessons pas, ce semble, d’entendre les Écri- « turcs d’une manière charnelle, et, séduits par les phé- ' noniènes de notre âme, nous nous représentons la vo-

• Innté impa-ssible de Dieu semblable à notre volonté émue « par les pa.ssions. Que si nous nous imaginons que les « choses sont dans le Dieu tout-puissant telles qu’il nous

• est donné de les entendre, noiis tombons dans une erreur < impie. Car Dieu ne peut être exprimé par la parole tel

* no#‘hnp. De Vv'a-:t(, |».

Cl.KMENT l> ALKXANnUIE.

« qu'il est. Les prophètes nous ont donc parlé le langaK « que nous pouvions entendre, enchaînés que nous sfm- « mes dans une prison de chair ; car le Seig;neur a voulj « pour nous sauver s’abaisser et s’accommoder à &}trf « faiblesse. Ainsi parce qu’il veut que celui-là soit sam? « qui observe les commandements et fait pénitence de se? « fautes, et parce que l’espérance du salut nous réjouit

• Dieu parlant par la bouche des prophètes s’atlribu- ■ notre joie comme si elle lui était propre. C’est ainsi eu- « core qu’il emprunte le langage de l’homme lorsqu'il dit « dans l’Évangile : / ai eu faim et vous m'avez donm i « manger; fai eu soif et vous m'avez donné à boire: car a

• que vous avez fait au plus petit de ceux-ci, vous m

• l'avez fait à moi-même. De même donc qu’il est nfmrri. « sans l’être réellement, dans la personne de ceux qu'il

• veut qu’on nourrisse, de même il se réjouit, sans aucu» « espèce d« changement, de la joie de celui qui a faitpé- « nitence comme il le désirait L »

Les hérétiques suivaient, comme nous l’avons dit déjà, une méthode d’interprétation qui n’était pas moins dangereuse pour la foi. Aussi Clément ne s’élève pas avec moire d’énergie contre la légèreté et l’arbitraire avec lesquels ib traitaient le canon des Écritures et en corrompaient If sens.

t Ce sont eux, dit-il, qui, en lisant les divines Écritures. « en corrompent le sens par leurs inflexions de voix, afit « de le rendre conforme à leurs passions, et qui par U « transposition de certains points et de certains accent.-, i font servir à leurs plaisirs les sages et utiles préceptes « de la loi divine *. »

' SIrom. II, 16, p. 467.

» Ibid. III, 4, p. .W.

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