I.IVUF. II
mouvoir par ollo- mémo ol de se déterminer entre deux parti.s contradictoires, comme, par exemple, philosopher ou ne pas philosopher, croire ou ne pas croire *. Ce n’est pas il dire que le libre arbitre puisse, sans le concours divin, féconder les qualités de l’iime et nous conduire à la connaissance et au salut. Le concours de la volonté est néces.saire, mais il ne suffit pas. C’est par la grâce que nous sommes sauvés, jamais cependant sans les l)onnes «‘livres *.
L’àme humaine est donc un champ qui, pour produire des fniits, exige la culture. Le premier laboureur de ce champ est celui qui, depuis la eréation du monde, répand d'en haut les semences nutritives, celui qui, dans tous les temps, a fait pleuvoir .sur l'homme le \ orbe divin. Mais ces ■s’inences, pour .se flévelopper, cette rosée céleste, pour féconder le champ de l'intelligence et du cieur, réclament la culture et les .soins de l'homme lui-même Voilà pour- (|iioi il e.st écrit ; J*arcsseujc, va varx la fourmi et deviens aussi sage gu elle, \ a aussi vers l'abeille, va apprendre 'luelle est son ardeur au travail : prenant leur sur à toutes les fleurs de la prairie, elle en forme un seul ragon *. Le n’est p.as la nature, mais l’éducation, qui nous rend bons et honnêtes, comme elle fait les médecins et les pilotes. L’éducation fait jaillir en nous les étincelles de bien que le Créateur y a dépo.sées ®. Fn un mot, la science, comme la vertu, no nous est pas innée. Elle est fille de l'éducation et des relations rériproipies. Pour se livrer à
' SIrom. VI, )i. p. "8H.
* thid. IV. -24, p. r>,TI.
* SIrom. r, I, p. IHI. —Cf. Sir. V, IH. p, üOO. U>iM dir. >alr., 10, p. 010. itSl.p. 94-,
* 'Orrim. /. 7 PI 0.— CI. Sir. Vil, :i. p. SI(p.
‘ U»d. l. ti. II. ;Hfi.
ÿtl Cr.KMENT P'AI-EXANDRIE.
nous, elle récliime, dès le principe, les soins, la ciilliiri de l’intelligence, et les progrès du disciple. C’e.st par I» réflexion, par une méditation assidue, qu’elle s’acquiert fl devient comme une propriété, comme une habitude df l’àme
Puisque la connaissance à laquelle l’homme est deslin-' n’est pas un privilège de la nature, comme le prétendaifil les Gnostiques, mais le fruit do la liberté personnelle qui doit la conquérir, avec l’aide do Dieu, par l’exercice de.s(s facultés, on doit regarder comme bons en eux-mémes B eflbrls de l’intelligence s’appliquant à connaître par la réflexion, par l’étude, par l’enseignement, en un mot, jar tous les procédés îi l’aide desquels se déploie et se règlf son activité. Dès lors on ne peut condamnei' les étude- (|uc les Grecs appellent encijclopcdifiues. Les doctrines qui précèdent le repos dont le Christ est le centre exerceiiî l’e.sprit et éveillent l’intelligence, en faisant naître iiH'’ ardeur et une sagacité propres à la recheixhe de la véritf. Par ces études préliminaires, par cet exercice de la peu- .sée, l’iimc se dégage de plus en plus des sens, s’embrase, se purifie et devient capable de pénétrer tôt ou fard b vérité elle-même, qui est Dieu.
Mais l’étude des arts et des sciences no donne pas seulement à l’esprit plus d’aptitude et de puis.sance pour atteindre la vérité ; elle l’enrichit encore de plu.sieurs connais- .sances spéculatives et pratiques qui, d’une part, son! indispensables à la vie, et, de l’autre, mènent par degré" jusqu’à la doctrine du salut.
Tous les biens qui concernent la vie, qui servent à l'en' tretien et à la conservation du corps, nous viennent dti
* VI, 9, p, 779.