‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 39 sur 145 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

qu’il invoque en faveur de son opinion ne sont pas incontestables; sans doute, les rapprochements qu’il a voulu (■tablir entre la doctrine des livres saints et la philosopJiie grecque sont souvent peu fondés. Il a eu le tort d’accepter avec trop de confiance, sur ce point, le témoignage suspect de l’école juive. Pour ce qui concerne Platon en particulier, il en fait trop facilement un philosophe chrétien, et lui prête, notamment sur la création et la Trinité, des doctrines qu’il ji’a pas professées. Nous croyons enfin qu’il serait difficile d’établir d’une manière invincible, comme le prétend Clément après Aristobule, que Platon et l’ythagore, et les autres philosophes grecs, ont eu entre les mains les livres de Moïse et des prophètes, et qu’il a existé une traduction de ces livres avant celle des Septante '.

« Ces réserves faites, dirons-nous avec un estimable écrivain *, la propagation dans le monde ancien des traditions et des doctrines hébraïques, le passage des philosophes grecs dans les contrées où elles étaient répandues, leur contact avec les .luifs et avec ces doctrines, l’influence de ces dernières sur leurs idées et sur certains

détails de leurs systèmes nous paraissent indubitables

A ce point de vue, nous admettons la comparaison de

par hasard, elles y jouent un rdle ; c’est au nom de la raison que ces philotjophes s'adressent à leurs semblables,... et, loin de s’abriter ou de s'effacer derrière quelque tradition séculaire, iU se font gloire de leur génie, ils mettent leur orgueil dans la nouveauté et dans la hardiesse de leurs docirinos... Cependant, cette originalité, cette fécondité dont noua parlons ont été vivement contestées à la philosophie grecque. On a prétendu que ses systèmes les plus célèbres, que ses doctrines le» plus admirée» par leur singularité ou leur élévation ne sont que dos importations de l’Orient, déguisées avec plus ou moins d'adresse sous une forme nouvelle... ('etie assertion n'a pour appui aucun fait positif, aucun témoignage contemporain des philosopnes qu’elle dépouille de leur gé. nie, > (Diotionn, dti sciences philoPophiquex,V, Philox. gr.yX. IV, p. 588-590.

‘ Cf. Glaire : Introduction historique et critique aux livres de V Ancien et du Xoui'eau Testament, t. I, p. 212-214.

* M. l'abbé Hébert-Duperron. Essai sur la polémique et la philosophie de Clament d'Alexandrie.

eu MENT D ALEXANDRIE.

saint Clément : « Im philosophie grecque resseniile à k flamme d’une torche que les hommes allument arliftcieik ment avec les rayons dérobés du soleil »

« Ainsi les sages de. la Grèce sont allés s’inspirer daa> l’enseignement traditionnel qui a été, pour reproduir* l’expression de M. Cousin, comme l’étoflédeleur pensée-: mais, en voulant la développer souvent, ils ont altéré, corrompu la parole divine. Saint Clément compare aux bacchantes qui dispersèrent les membres de l’anthée b diverses sectes qui, chez les Grecs et les barbares, on' ain.«i éparpillé en fragments l’indivisible lumière tlu Verbe »

.\u reste, en refu.santaux philosophes grecs l’origiiialil complète dont se glorifiaient (juelques-uns d’entre euv. Clément n’allait pas jusqu’à prétendre que toutes leue connai.s.sances, que toutes les vérités qui brillent dans leur^ ouvrages eus.sent été ravies aux livres deMobe et des pruphète.s. C’eût été enlever à la raison humaine cette puisauce ([ui lui a été donnée par Dieu pour s’élever, danl’ordre naturel, jusqu’à la vérité et la contempler, pui.sance affaiblie, mais non détruite par le pwhé originel; c’eût été tomber dans les excès qu’il voulait combattre, en prenant la défense des sciences humaines et de la philosophie.

Aussi, .selon notre saint docteur, la tradition est I source la plus large d'où dérivent les vérités contenu#;dans les systèmes philosophi(|ues de la Grèce ; elle n’es* pas la seule. Clément en indique deux autres : la natun et l’illumination du Verbe, ou une .sorte d’in.spiration iiité-

* Strom 1', 5, p. (ifiî.

* Œuvre» cowpUle» tte Phitu», t. \ ). Xnte^ sur Phrdre, p. 165.

* Sfrem. /. 13. p. 348.

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