‹ Clement d'Alexandrie, sa doctrine et sa polemiqueChapitre 40 sur 145 · V UK II · texte numérisé non relu

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rieme, laquelle n’a jamais manqué aux esprits qui ont flans Inus les temps cherclié sincèrement la vérité. « Les « philosophes grecs, dit-il, ont dérobé aux saints livres « quelques-unes des vérités qu’ils ont enseignées ; ils en « ont exprimé d’autres sous l’inspiration du souffle divin ; « enfin ils en ont trouvé quelques autres à l’aide du rai- « sonnement L » Pour bien connaître sa pensée, il est nécessaire d’exposer ici sa théorie de la raison , théorie que nous trouvons indiquée, au moins pour le fond, dans saint Justin le Martyr, Tatien, saint Irénée et Tertullien

Nous avons vu que Clément reconnaissait dans la nature humaine un principe distinct du corps par son origine et son essence. Ce principe, c’est l’àme raisonnable qui vient (le Dieu sans être une substance divine.

• Le caractère propre, distinctif, essentiel de l’iîme, dit le docteur alexandrin, estd’entrer en commerce avec Dieu^. \ussi la connaissance intuitive d’un Dieu unique et toutpuissant est-elle toute naturelle à quiconque jouit d’un sens droit ■*. Tous les peuples, de l’aurore au couchant, du nord au midi, ont naturellement du Père de toutes choses la même anticipation ; ils sont portés vers lui par un raisonnement spontané *, car les elTets de sa puissance s’étendent à tout et .se font connaître de tous. »

Mais par quels liens mystérieux s’établit cette commu-

> SlTom. yi, 7, p. 7t».

* J iisl. II, 10, p. 95 : Adyo; Kxf httv « <v itàivTi — /, 16, p. î 1 : Aôysç

oit Trâv ‘/ivoi utTt9yt\ — 8, p. 94 : Tè iftfjzov rav?! y^vii <èv9^îMîr«av

Toü ioysy. — Tatia., Contr. Gr^c., p. 249. — S. Iren., Il, 30 ; IV, 7, J 2. — '/‘ertul,, Adv. Herm., c. 5 : Brgo^ tnçuis, nec nos hahemus Dei ali9ui<l ? Imo et hahemus et habebimus^ ted ab ipso, non à nobit.

^ TUpjxi yôfi 6 oUsliaçeytiv npbi tUov. (Coh. ad Geni., p. 80).

* Seojf/kvyttp EM4*.\2I2, ho( r,v roli tî«>tîx/5«T9/50; nxpà roif €Ùfpovo\tai — shfTîTf yjoiré,. ,*S’<rom. T’’, 13, p. 698.

^ \ ioyn.tt'.*— ivpvTùif «^orocr/TWî — /*/«v ïysi T^v aitTf,'* TIPOAH-

Ml>', f. r. >. Jbid.^ p. 729.

lu CLÉMENT D'ALKXANDHIE.

nication de l’âme avec la Vérité, la Beauté et la Bont? suprême? Quelle est la parenté divine cpii nous unit à Dieu, le pont jeté sur l’abîme qui sépare sa nature de U nôtre?

« C’est ici, dit le P. E, Speelman*, que nous allons < découvrir une des plus curieuses analyses du Moi hu- « main. L’homme connaît naturellement Dieu xar’ï/ütipOTi»,

« xorà àii^xavj, Trcpiipstfftv, OU, si l’on nous permet de t franciser ces mots grecs, par emphase, par diaphase et « pur périphase. »

En décomposant ces termes*, on trouve qu’ils répondent aux trois modes de connaissance que nous appelons intuilion, déduction et sens commun. Ils se rapportent, selon Clément, à trois facultés de l’âme, qui sont le fioûs ou la raison pure, le logos ou la raison déductive, et enfin la pistis ou la foi qui tient du cœur autant que de l’intelligence et peut être considérée comme une faculté morale encore plus qu’intellectuelle. Voici ce que Clément dit de la nature de ces facultés, de leur objet et de leur puissance.

La raison pure, que Clément appelle indifféremment lumière domestique, œil contemplatif, semence propre, o« plus simplement nods est ce qui dans l’homme a été fait ' à l’image de Dieu. « L’image de Dieu, dit-il , c’est son , Verbe, le Fils propre de l’Intelligence, lumière archétj-pt’ de la lumière. L’image du Verbe, c’est l’homme, c’est-àdire le vrai esprit, la vraie raison qui est dans l’homme.

’ Nous devons au savant travail du P. Speelman sur la ^nose de Clément d Alexandrie des indications précieuses et des remaroues ausi. ingénieuses que profondes, que l'on ne trouve nulle part ailleurs. (V. Is Revue cathoUcfu» de I.ouvain. numéros de juin, juillet et août 185S.)

t ♦«!«) (d'ou fveii), apparaUre. combiné avec iv, itx et lupl, signifie paraître dans, paraître par, ou à travers, et paraître autour.

* Strom. l. 4. p. 380; — Ibid, p. 3îl : — tiUilsv oCts, oUslo-j Suas xm; oUtl-it mipux, i vsûç. • • - r

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