CHAPITRE IV
MU proTid«BU«l d« U pUlOMphlB fi^efod.
La pliilosophic, loin de venir du démon, d’un principe mauvais, a, au contraire, une origine divine. Elle vient de Dieu, sT)it par la voie directe de la révélation proprement dite, soit par la voie du Verbe, illuminant la raison humaine et se manifestant à elle d’une manière naturelle.
Clément ne s’en tient pas à cette démonstration de l’origine divine de la philosophie. Pour montrer quelle injure font à la Providence les adversaires absolus de cette science, il ne craint pas de la mettre en comparaison avec la révélation mosaïque et de lui donner une fin analogue dans les desseins de Dieu.
Selon notre saint docteur, la philosophie a été pour les (irecs, avant la venue du Sauveur, comme la loi pour les Juifs, avec moins de perfection toutefois et d’une autre manière, une éducation préparatoire, une introduction à l'Évangile, un acheminement vers la parfaite justice que la foi seule peut donner L
Nous avons \-u plus haut * que, d’après la doctrine de saint Paul commentée par Clémcmt, il y a imité et harmonie dans le plan divin de la création et de la rédemption <le l'homme. Depuis le premier instant de la création, le
' SIrom. /, 5, p. 331.
' l.iv. II, rli. I", P 34.
]}G Cl.KMENT D’AI.KXANDRIE.
Verbe a prépar(^ le grand œuvre du salut. .Sa sagesse a ménagé dans tous les temps et à tous les hommes, Grecs et barbares, des secours différents, il est vrai, mais appropriés aux besoins de chaque peuple, de chaque caractère, et tendant d’une manière plus ou moins directe à la sainteté et au salut procurés complètement par le christianisme '. Au peuple privilégié des Juifs il a donné la loi et les prophètes; aux Grecs, il a donné un testament moins parfait, moins efficace, et ce testament est la philosophie. La philosophie accoutumait les oreilles à la prédication de l’Évangile *, elle donnait aux Grecs une justice élémentaire, qui préparait à la justice parfaite, nécessaire au salut, comme le j)remier et 1e second degré d’un escalier servent de voie pour monter au dernier étage d’une maison *. Les Juifs eux-mémes ne trouvaient pas dans la loi une justice complète; pour être justifiés, il leur fallait, outre la justice légale, la foi au médiateur. Voilà pourquoi le Sauveur leur disait en les guérissant : V otre foi vous a sauvés. Quant à ceux qui étaient justes selon les principes de la philosophie, non-seulement la foi au Seigneur leur était indispensable comme aux Juifs, mais encore ils devaient répudier le culte des idoles *.
Or, le Verbe, dont le propre est de sauver, n’a refusé cette grâce de la foi indispensable au salut à aucun de ceu!( qui ont pratiqué la justice légale ou philosophique. A cet égard, il y a parité parfaite entre les Juifs et les Gentils. De même que la vérité est une, ainsi il n’y a pas plusieurs
> Sirom. 1,1, p. 3.17.
* Ihid. Vl, Ü, p. 7Ü2.
^ Ibid, /, 20, p.377 : Per ge quoque Græeoi justiÂcahat philoto-
phia, sed nonumvCT’ta et perfectajuititia, ad quam consequenaam cooperatur velut prtmug et secundun gradus, qui ascenditin cœnaculum,
* Sirom. Vif 6, p. 762; Eu autem qui erantiusti ex philosophia, «onioU»
erat fide in Dnminum. ^ed rtiam ut dixcenerent a rnttu Atmutarhrorum.